Les tribulations d'un Papou en France

Il y a bien des choses que Mundiya Kepanga pourrait exporter en France. A commencer par la manière de régler les conflits au pays des Hulis. En cette fin d'année, le quinquagénaire papou qui, du fin fond de la Papouasie-Nouvelle-Guinée, répond sur son vieux Nokia à l'appel venu de Paris, sort d'un tunnel de négociations. Mais il est heureux : "Tous les cochons, annonce-t-il, ont été donnés."

Après des mois de conflit. A coups d'arc et de flèches, de hache et de machette. Chez Mundiya Kepanga, dans la province des Hautes-Terres, on se dispute beaucoup avec ses voisins. Des querelles dont les raisons ont été perdues depuis des lustres, des honneurs qu'il faut venger, des histoires "à la corse" qui se règlent par des échanges de cochons, lors de la "cérémonie des compensations". Dans la tribu des Hulis, dont Mundiya Kepanga est l'un des innombrables chefs, un mort vaut cinquante bêtes. Soit cinq fois plus qu'une épouse ? "Vous avez beaucoup de bonnes remarques sous la langue", répond l'homme.

Mundiya (prononcez "Moudijé" en langue papoue) cultive une gouaille toute méridionale et un humour très British. Il ne sait ni lire ni écrire. Se nourrit des patates douces qu'il fait paisiblement pousser autour de sa case. Se transforme en guerrier quand les tribus ennemies attaquent. Mais, à ce jour, il est sans doute l'agriculteur papou qui connaît le mieux l'Hexagone.

Les tribulations d'un Papou en France
L'un de ces numéros préférés consiste à imiter les Parisiens stressés... (Marc Dozier)

 

"Honnêtement, vous êtes des sauvages !" cabotine-t-il. L'un de ses numéros préférés consiste à imiter les Parisiens stressés qu'il a aperçus sur le parvis de la Défense :

Ils marchent comme des "muruks" (...) Lire la suite sur Le Nouvel Observateur

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