Il y a trente ans, Public Enemy révolutionnait le rap

Il y a trente ans, Public Enemy révolutionnait le rap

En sortant son second album «It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back» en 1988, le groupe ne se contente pas de changer la face du rap. Il redéfinit son rôle, la place du rappeur dans l'engagement politique et le dialogue intellectuel.

Le rap de 2018 est complexe. Comme beaucoup de genres musicaux, passé ses trente années d'existence, il est sujet à une controverse acharnée entre anciens et modernes. La musique change, le propos change, le public change.

L'un des arguments récurrents desdits anciens est d'expliquer à quel point le rap est né de l'engagement, combien il contenait un discours politique frontal, et de souligner son rôle de porte-parole des ghettos américains puis français. Le problème, c'est que c'est bien plus complexe que cela. Le hip-hop, durant ses débuts dans les années 1970 puis pendant la première moitié des années 1980, est une musique pour danser, légère, qui peut parfois chroniquer le quotidien des classes défavorisées de New York, certes. Mais là n'est pas son essence.

L'évolution du hip-hop (1979-2017). | Via YouTube.

Si cette image d'engagement colle tant au rap, c'est en grande partie parce qu'un groupe a changé la donne: Public Enemy. Il y a tout juste trente ans, le 14 avril 1988, ils sortaient leur deuxième album, It Takes A Nation Of Millions To Hold Us Back. Effréné, radical, définitivement politique, agressif... Tout dans la musique, dans l'imagerie, est pensé pour servir la cause nationaliste noire.

Certes, quelques rappeurs comme Spoonie Gee ou Kurtis Blow avaient entrepris d'imprégner leur musique joviale de discours plus fermes. Mais avec les titres «Don't Believe The Hype», «Rebel Without A Pause», «Night Of The Living Baseheads» ou encore «Bring The Noise», Public Enemy a poussé la chose bien plus loin. Jusqu'à devenir un sujet de discorde divisant les classes sociales américaines, les médias, les blancs et les noirs, la communauté noire elle-même, et (...) Lire la suite sur Slate.fr

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