"Traverser la Nuit", le polar ombrageux d'Hervé Le Corre

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Il y a les hommes et les femmes. Jourdan, le flic, Christian le tueur. Sam, l'enfant. Louise sa maman qui reçoit les coups, qui vérifie que sa porte est vérouillée, qui se nourrit de peur. Il y a la morte. Coralie, née à Sevran le 14 août 2002. Lorsqu'on la découvre, elle est allongée contre le mur, il y a du sang partout, la main droite a été attaquée par les rats. "La pulpe des doigts noirâtres, entamée, sous les ongles, écarlates." Hervé Le Corre est revenu à Bordeaux, sa ville, il s'enfonce dans les ténèbres. "Par les échancrures de son chemisier déchiré, on aperçoit des plaies profondes, des coupures, des écorchures." Coralie se prostituait.

Parmi les hommes, il y a les sous-hommes. Milan, par exemple. Le "copain" de Coralie Nicol. Un Bulgare, un mac. Il n'a pas de visage, il n'aime pas les photos. Il y a aussi Stan, encore un Bulgare, encore un mac. Lui vaut de l'or pour toutes ces filles. C'est leur ticket de sortie. Il garde les passeports de ses pouliches, il ne les rend que lorsqu'elles se sont acquittées d'une dette impossible à rembourser. Il est leur miroir aux alouettes. Coralie travaillait pour lui, pour Milan, ils se la partageaient comme une bonne bouffe entre potes. Un morceau de choix à l'arrivée, une épave à la sortie.

Une mère, un fils, la haine

Jourdan voudrait s'émouvoir. Deux visions s'affrontent. La morte, la vivante. Il se fait violence, il souhaiterait presque prendre la vivante, "la jeune pute pleurnichant sur son sort et qui refuse de donner ses t...


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