Traversées de migrants : le Royaume-Uni augmente ses paiements à la France

FRANCOIS LO PRESTI / AFP

C’est le résultat de longs mois de négociations sur un sujet qui est source de tensions régulières depuis plusieurs années entre Paris et Londres. “Le Royaume-Uni conclut un accord révisé sur les migrants de la Manche avec la France”, titre la BBC après la signature, le 14 novembre, d’un nouvel accord pour lutter contre les traversées clandestines de migrants.

Il prévoit notamment le versement par Londres de 72,2 millions d’euros sur un an à Paris (contre 62,7 millions auparavant). “Pour surveiller la frontière, 200 millions d’euros ont été envoyés de Londres à Paris depuis 2018”, indique le Financial Times.

En contrepartie, la France s’engage à augmenter de 40 % ses forces de sécurité sur les plages d’où partent les migrants à destination du Royaume-Uni. Cela revient à 350 policiers et gendarmes supplémentaires, explique le site. Mais aussi la multiplication de drones et de matériel de vision nocturne, de vidéosurveillance et la hausse du nombre de chiens spécialisés pour détecter les individus qui se dissimulent dans des camions pour tenter la traversée par le tunnel sous la Manche.

Autre mesure qui vise à améliorer la communication entre les deux parties : des observateurs seront échangés sur le terrain pour mieux connaître les mesures de contrôle respectives.

“Perturber un peu plus les trafiquants”

Dimanche, le ministre de la Défense britannique avait annoncé qu’un nombre record de migrants avaient traversé la Manche depuis le début de l’année, soit plus de 40 000, et les “petites embarcations” se trouvent plus que jamais au cœur de la crise migratoire.

“Les parlementaires conservateurs font monter la pression sur le gouvernement britannique afin qu’il empêche les gens d’atteindre le Royaume-Uni à bord de petites embarcations, transferts dont beaucoup sont organisés par des bandes de trafiquants. Plusieurs migrants se sont noyés en tentant la traversée”, explique le Financial Times.

L’efficacité du nouvel accord reste incertaine. La BBC, par exemple, estime que “si ce nouvel accord, plus exhaustif, va perturber un peu plus les trafiquants à l’œuvre en France, il est peu probable qu’il mette fin à leurs activités”.

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