Dans « La Traversée de Bondoufle », Jean Rolin sillonne la périphérie de Paris

© ULF ANDERSEN / AURIMAGES VIA AFP

Le long des glissières de sécurité, des véhicules filent à vive allure, indifférents à ce qui se cache au-delà des palissades bordant les bas-côtés de l’autoroute. Entre août 2020 et juin 2021, certains auront peut-être aperçu la silhouette d’un marcheur qu’ils auront pris pour un vagabond ou un pèlerin égaré, animé d’un projet qui deviendrait livre. « Du moment où j’ai découvert la campagne à la périphérie d’Aulnay-sous-Bois, même sous l’aspect peu engageant d’un champ de maïs desséché et d’un chemin sans issue, l’idée m’est venue de suivre tout autour de Paris sa limite. » Longeant cette « ligne incertaine » entre ville et campagne, Jean Rolin nous guide en terre inconnue, à quelques encablures de l’hypercentre parisien. Aux coins de nature préservée se juxtaposent usines en friche, installations militaires désertées, propriétés à l’abandon et « montagne de déchets en forme de ziggourat ». Autant de lieux « solitaires et disgraciés » dessinant les contours d’un entre-deux-mondes rendu invisible, qui reflètent nos modes de vie, entre poésie et absurdité. Sa prose s’en fait le reflet, avec ses chapitres qui s’ouvrent sur l’entrain d’une nouvelle journée mais cheminent irrémédiablement vers la catastrophe.

Entre ville et campagne

De la zone d’activités de Paris Nord 2 à Mandres-les-Roses, de Villiers-le-Bel à la traversée de Bondoufle qui, bien que donnant son titre à l’ouvrage, ne prend pas plus d’une demi-heure – arrêt rapide dans une « ébauche de centre commercial » compri...


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