Travailler de n’importe où : le privilège de quelques-uns

Photo Pixabay/cc

La journaliste Cristina Criddle a testé le travail à distance sur une île de rêve – à Madère, plus précisément. Dans le Financial Times, elle tire un bilan plutôt mitigé de son expérience : “Surtout, ne soyez pas trop jaloux ! ”

“En réalité, les échanges en face à face, la routine et la distinction entre la maison et le bureau m’ont manqué. Les e-mails se sont accumulés à mesure que ma productivité a stagné. Après quatre jours, je me suis sentie soulagée de rentrer chez moi.”

Durant la pandémie, la petite ville de Ponta do Sol, sur la côte sud de Madère, est devenue une destination de choix pour les nomades numériques. Depuis, les locations Airbnb affichent complet. Mais Cristina Criddle n’y pas trouvé les conditions de travail idéales qu’elle espérait.

L’espace de coworking qu’elle a rejoint était peuplé “quasi exclusivement” d’ingénieurs logiciel, de programmeurs et de développeurs, “presque tous jeunes, seuls ou en couple”.

“Il y avait des tables à l’intérieur et à l’extérieur, mais j’ai vite découvert que travailler au soleil n’était pas pratique : les chaises n’étaient pas ergonomiques, la lumière se reflétait sur les écrans et les appareils se mettaient en surchauffe. À l’intérieur, ce n’était guère mieux car l’aménagement était inconfortable, plus lounge que bureau.”

Le gouvernement local fait la promotion du yoga, du surf et du whale watching auprès des travailleurs à distance. Le téléphone de la journaliste sonne alors qu’elle s’est laissée tenter par une séance de yoga sur la plage. “C’est l’heure de la réunion matinale avec mes collègues. “Ils sont jaloux du décor ensoleillé dont je profite. Je leur explique que je travaille dur, mais je ne suis pas sûre qu’ils me croient… ”

La fin du bureau ?

Les frontières entre vie professionnelle et vie personnelle sont durablement brouillées, constate de son côté The Economist. Auparavant, pour la plupart des cols blancs, les choses se présentaient très simplement :

“Pour aller au travail, il fallait sortir de chez soi et c’était presque toujours au bureau qu’il fallait aller. Les espaces de coworking étaient réservés aux entrepreneurs en T-shirt qui voulaient passer du temps avec d’autres entrepreneurs en T-shirts. À l’occasion d’un voyage d’affaires, vous pouviez séjourner dans un hôtel, mais ce n’était pas un endroit où travailler… ”

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