Le travail forcé a duré jusqu'en 1946 dans l'Afrique coloniale française

Pierre Magnan

"Dix-sept mille morts, sous les coups de la meute hystérique des contremaîtres européens et de leurs tirailleurs sénégalais, eux-mêmes exténués par les épidémies", écrivait Albert Londres dans son livre Terre d’Ebène paru en 1929 sur l’Afrique coloniale, et notamment sur le travail forcé utilisé pour la construction du train Congo-Océan. Dans les années 20, le journaliste Albert Londres n’est pas le seul à le dénoncer. L'écrivain André Gide publie lui aussi dans la NRF (Nouvelle Revue Française) deux textes, Voyage au Congo (1927) et Retour du Tchad (1928), qui suscitent de vives polémiques, jusqu’à la Chambre des députés où un parlementaire veut attirer "l'attention sur la situation pitoyable des travailleurs dans les colonies, notamment sur le chemin de fer de Brazzaville, où le recrutement se fait par contrainte".

Un mort par traverse

La construction de ce train Congo-Océan, dont on dit qu’il coûta la vie à un travailleur par traverse, est le symbole de l’emploi d’une main d’œuvre gratuite, réquisitionnée dans le cadre du travail forcé, autorisé dans les colonies.


Le train est construit de 1921 à 1934. Les difficultés du chantier nécessitent une abondante main d'œuvre. Les responsables de la construction vont réquisitionner celle-ci jusqu'au Tchad. La voie de chermin de fer est finalement (...)

Lire la suite sur Franceinfo

A lire aussi