Traquer le coronavirus dans les eaux usées. Décryptage avec un expert de l’Académie des technologies

Nathalie Mayer, Journaliste
·1 min de lecture

L’aubépine, c’est un arbuste épineux qui fleurit à la fin du printemps. Mais c’est aussi ainsi que se désigne l’Observatoire épidémiologique de la présence du virus SARS-CoV-2 dans les eaux usées – avec un « o », Obépine, mais on y est presque. Il a été mis en place rapidement après le début de la crise sanitaire, en mai dernier, avec le soutien du gouvernement et de l’Académie de médecine et l’appui opérationnel des exploitants de stations d’épuration, des collectivités locales et des agences de l’eau. Depuis, le réseau de ses experts s’intéresse aux traces de ce coronavirus détectables dans les eaux usées. Car, le fait n’est plus discuté, le SARS-CoV-2 peut se retrouver, en quantités importantes, dans les selles d’une personne infectée – même asymptomatique – et ainsi finir dans les eaux que nous rejetons.

Le SARS-CoV-2, vraiment ? « Ce que l’on arrive à détecter dans les eaux usées, c’est la présence du génome de virus », nous précise tout de suite Bernard Saunier, expert du domaine de l’eau à l’Académie des technologies. Une façon plutôt efficace, donc, de mesurer le niveau de circulation du coronavirus. Les spécialistes estiment même pouvoir être ainsi capables de suivre, quasiment en temps réel, l’évolution de la pandémie ainsi que l’efficacité des mesures mises en place par le gouvernement. Et avec une petite semaine d’avance sur d’autres indicateurs. Dès la mi-juin, les relevés d’Obépine ont fait apparaître un redémarrage des contaminations en Ile-de-France, par exemple. Un redémarrage que les tests positifs n’ont souligné qu’à partir de début juillet.

En rouge sur ce graphique issu des données du réseau Obépine, la concentration en génome viral moyen sur l’ensemble de la région Ile-de-France. En parallèle en bleu, l’évolution moyenne du nombre de patients testés positivement par qPCR dans la même région. Les zones grisées montrent les périodes de confinement. La zone rose, la période de couvre-feu. © Obépine
En rouge sur ce graphique issu des données du réseau Obépine, la concentration en génome viral moyen sur l’ensemble de la région Ile-de-France. En parallèle en bleu, l’évolution moyenne du nombre de patients testés positivement par qPCR dans la même région. Les zones grisées montrent les périodes de confinement. La zone rose, la période de couvre-feu. © Obépine

Quel pourcentage de coronavirus actif ?

« Mais ce...

> Lire la suite sur Futura