Trappes: Blanquer "condamne fermement" l'intrusion d'élus dans le lycée où un professeur se dit menacé

Rym Bey et Jeanne Bulant
·3 min de lecture

Le ministre de l'Éducation dénonce dans un communiqué l'intrusion d'élus de la ville de Trappes dans un lycée de la commune, ce jeudi, afin d'y distribuer des tracts. Un professeur de philosophie de l'établissement dit être menacé, ce que conteste le maire de la commune.

Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer "condamne fermement" l'intrusion d'"élus de la ville de Trappes" dans le lycée au sein duquel exerce Didier Lemaire, le professeur de philosophie qui dit avoir été visé par des menaces après avoir défendu Samuel Paty dans une lettre ouverte.

Selon le ministère de l'Éducation, des élus de la ville de Trappes dont le maire de la ville sont venus distribuer un tract jeudi matin devant puis à l'intérieur du lycée. Une information que le rectorat de Versailles a confirmé à BFMTV ce jeudi. Selon nos informations, le chef d'établissement a tenté d'empêcher les élus de pénétrer en son sein, en vain.

Le document distribué, une lettre écrite par l'édile à l'adresse des lycéens, condamne les propos du professeur Didier Lemaire, qui expliquait que la commune était tombée aux mains des islamistes.

Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer
Le ministre de l'Éducation Jean-Michel Blanquer "condamne fermement" l'intrusion d'"élus de la ville de Trappes"

"Chacun a le droit de s'exprimer (...) mais je n'accepte pas les propos violents tenus contre vous et les Trappistes, qui condamnent par avance, qui relèguent, qui excluent", écrit le maire dans cette lettre. "C'est insupportable car c'est injuste et cela ne correspond pas à la réalité. Cette réalité, vous la connaissez mieux que quiconque, puique vous vivez ici, pour une grande partie d'entre vous et que vous y étudiez".

L'enseignant placé sous protection rapprochée

Or "le proviseur du lycée avait précisé aux élus, la veille, qu’aucun tract ne devait être distribué à l’intérieur de l’établissement", est-il écrit dans le communiqué publié ce jeudi. Il rappelle que "l'École doit rester à l’abri des pressions religieuses ainsi que des pressions politiques" et que "les personnels et les élèves d’un établissement ne sauraient être utilisés à des fins de politique locale".

Depuis une semaine, Didier Lemaire explique dans les médias faire l'objet de menaces depuis sa lettre ouverte du 1er novembre dans laquelle il dénonce "l'absence de stratégie de l'État pour vaincre l'islamisme". Le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s) estime au contraire que le professeur n'a "jamais fait l'objet d'une menace sérieuse", dénonçant des "mensonges" et des "contre-vérités".

De leur côté, les collègues professeurs de Didier Lemaire lui apportent leur soutien dans un courrier, dans lequel il dénonce "une récupération politique insupportable". "Il s'est exposé à titre personnel pour défendre nos élèves contre l'emprise du radicalisme, emprise dont nous percevons régulièrement les échos", écrivent-ils dans cette lettre. "La sincérité de son engagement ne fait aucun doutepour nous qui avons travaillé avec lui".

Enquête ouverte

Une enquête a été ouverte le mois dernier pour "menaces sur personne chargée de mission de service public" après que "des inquiétudes vis-à-vis du professeur [Didier Lemaire] à l'encontre duquel des menaces auraient été proférées" ont été signalées au parquet de Versailles.

Dans le communiqué, Jean-Michel Blanquer "réitère à M. Lemaire l’assurance de la protection de l’institution face à toute menace dont il peut être l’objet du fait de sa dénonciation des menées de l’islamisme politique", alors que l'enseignant est désormais placé sous protection rapprochée, sur proposition de Gérald Darmanin.

Le communiqué précise enfin que l’académie de Versailles a pris contact avec le maire de Trappes pour lui signifier sa désapprobation.

Article original publié sur BFMTV.com

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