Le transfert violent de l'ambassade américaine à Jérusalem par Trump ne peut que déstabiliser la région

Nathalie Goulet
Dans la vieille ville de Jérusalem, des Palestiniens hurlent des slogans lors d'une manifestation après l'annonce du Président Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël, le 7 décembre 2017.

L'ignorance est notre pire ennemie, elle est aussi l'ennemie de la paix et l'alliée des extrémistes.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Président américain donne au monde un aperçu de sa hauteur de vue et de sa réflexion: d'un index ferme et sans le moindre doute, il règle la politique du plus puissant pays du monde.

Il humilie les uns, nargue les autres, délivre- ici ou là, comme à Yad Vashem, ou en recevant des vétérans amérindiens (où il a mentionné Pocahontas)- des messages inappropriés.

Sur le plan international, il a marqué immédiatement sa différence avec son prédécesseur par la proclamation du Muslim Ban et un renversement d'alliance au profit de l'Arabie Saoudite et contre l'Iran.

Depuis son avènement, nous nous sommes habitués à ces messages qui frôlent souvent le ridicule et sont si peu habituels en termes diplomatiques.

Son comportement, avant et après son élection, pourrait faire sourire s'il n'entraînait des réactions en chaîne. Les mots ont un sens. Les mots prononcés par le Président du plus puissant pays du monde aussi. Sa guérilla contre CNN est indigne du grand pays démocratique qu'il représente. Cela reste une affaire importante au plan des principes, mais sans effet immédiat.

En revanche, la décision de transférer l'ambassade américaine à Jérusalem constitue un casus belli, une déclaration de guerre au monde, un mépris du droit international piétiné, bafoué, une humiliation inouïe et une gifle inacceptable pour les pays arabes qui lui ont accordé leur confiance, même si la cause palestinienne est loin des préoccupations des dirigeants des Pays du Golfe, et du monde arabo-musulman en prise avec d'autres combats, notamment après les printemps arabes et la déstabilisation régionale résultant de l'invasion de l'Irak.

Le monde arabo-musulman est en prise aussi avec la lutte contre le terrorisme, les extrémismes et ses propres enjeux de migration.

Néanmoins, un affichage aussi violent du transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem ne peut que...

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