Traiter le feu par le feu : des cellules tumorales transformées en armes anti-cancer

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C'est un cheval de Troie anti-cancer. Des cellules cancéreuses génétiquement modifiées pour tuer leurs ex-congénères ont été inoculées dans leurs tumeurs d'origine. Faisant autant office de vaccin que de traitement, ces expériences faites sur la souris sont prometteuses.

Des cellules tumorales modifiées génétiquement pour devenir des agents doubles anti-cancer, voilà une technique intrigante et testée avec succès sur la souris à l’université de Harvard (Etats-Unis). Infiltrant leur tumeur d’origine, ces cellules rendues toxiques pour leurs anciennes congénères font office à la fois de traitement et de vaccin contre le cancer du cerveau.

Combattre le cancer par le cancer, le feu par le feu

Les cellules cancéreuses ont une capacité très particulière. "Elles peuvent se déplacer sur de longues distances dans le cerveau pour trouver leurs semblables", explique le chercheur Khalid Shah, qui a dirigé ces nouveaux travaux publiés dans Science Translational Medicine.

C’est donc la bonne vieille méthode du cheval de Troie que des chercheurs ont adaptée au glioblastome, cancer cérébral le plus fréquent. "La plupart des patients atteints d’un cancer du cerveau agressif ne survivent pas au-delà de 15 à 18 mois", pointe Khalid Shah. Jusque-là, des chercheurs avaient tenté de soigner le cancer des poumons, le cancer colorectal ou encore le mélanome avec des cellules cancéreuses modifiées, mais seulement des cellules mortes, pour des raisons de sécurité. Mais l’efficacité en est très marginale. Cette fois, les cellules cancéreuses utilisées restent vivantes et sont renvoyées armées contre leur propre camp dans leurs tumeurs. "Dans ces cancers agressifs, la plupart des cellules trouvent une façon de se cacher des traitements ou de notre système immunitaire. Notre idée est de combattre le cancer par le cancer. Le feu par le feu", précise Khalid Shah.

Tuer les cellules cancéreuses et empêcher leur retour

Appelées ThTCs, les cellules sont modifiées par le "ciseau génétique" CRISPR-Cas9 pour leur donner la capacité de produire de fortes quantités de deux petites protéines du système immunitaire, l’interféron bêta (ou IFN bêta) et le facteur de stimulation des colonies de granulocytes et de macrophages, qui sont deux types de cellules immunitaires ([...]

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