Le tragique naufrage du Venezuela

Par Claire Meynial
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Les proches des 28 naufragés protestent contre l'inaction du gouvernement vénézuelien à Guiria, le 17 décembre.
Les proches des 28 naufragés protestent contre l'inaction du gouvernement vénézuelien à Guiria, le 17 décembre.

Le dernier bilan s'élève à 28 morts, mais comment être sûr ? Comment savoir combien de cadavres vénézuéliens, naufragés poussés par la faim et le désespoir, flottent dans les eaux qui séparent Güiria de l'île voisine de Trinité-et-Tobago ? Ceux de la récente tragédie et ceux dont jamais personne n'a parlé, depuis des mois ? Depuis que, le 12 décembre, un patrouilleur des gardes-côtes vénézuéliens a repêché les premiers corps, lors de ce qui devait être une mission de routine, à 13 kilomètres du littoral, le bilan ne cesse de s'alourdir et le cimetière de Güiria, de se remplir. Les manifestations se succèdent, aussi, pour supplier qu'on n'interrompe pas les recherches.

Le 6 décembre, ils étaient une trentaine à embarquer, sans gilet de sauvetage. Beaucoup pensaient qu'ils passeraient Noël avec leur famille déjà installée à Trinité-et-Tobago. Avec leurs 150 euros, ils ignoraient qu'ils avaient acheté un billet pour leur dernier voyage. Le prix peut monter jusqu'à 500 euros, pour les deux heures de la traversée, 11 kilomètres entre la péninsule de l'État de Sucre, dans l'extrême nord-est du Venezuela et Port d'Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago. Mais le passage de la Bouche du Dragon, série de détroits qui sépare le golfe de Paria de la mer des Caraïbes, est délicat. Le mauvais état des embarcations de pêcheurs et la médiocre qualité de l'essence trafiquée le rendent plus dangereux encore. Ceux qui y parviennent entament une vie clandestine, souvent dans l [...] Lire la suite