Trafics de clandestins en Arizona

C’est un simple coup de fil passé depuis un téléphone portable qui a conduit la police à faire une descente dans une maison de West Columbine Drive, à El Mirage, dans la banlieue de Phoenix. Les policiers y ont découvert plus d’une trentaine d’hommes frissonnants, à demi nus, prisonniers d’un gang qui leur avait fait passer clandestinement la frontière depuis le Mexique. Selon le rapport de l’un des policiers, ces hommes avaient payé leur passage 1 000 dollars ; mais, sitôt arrivés sur le territoire des Etats-Unis, ils avaient été enfermés et battus en se voyant réclamer un versement de 5 000 dollars pour être libérés.
Les affaires de ce genre se multiplient à Phoenix, une ville qui est désormais considérée comme la capitale américaine du kidnapping. Confrontées à cette situation, les autorités pointent du doigt divers facteurs allant de l’augmentation des violences entre cartels côté mexicain à la prise de contrôle du trafic de clandestins par des gangs organisés. Autre facteur aggravant : la crise du marché immobilier, qui, dans la région, a laissé des milliers d’habitations vides et parfois même des pâtés de maison entiers dans des banlieues peu fréquentées, fournissant aux trafiquants en tout genre de nombreuses planques où cacher des stocks de drogue ou bien des otages. Les autorités fédérales, régionales et locales ont ainsi découvert 194 de ces planques en 2007 et 169 en 2008.

Si la plupart des cas d’enlèvements dans la région sont liés au trafic de drogue – les trafiquants kidnappant des concurrents contre rançon ou pour éponger une dette –, de plus en plus d’immigrés clandestins se retrouvent aujourd’hui pris pour cibles. “L’an passé, sur 368 cas d’enlèvements, 78 concernaient des clandestins retenus prisonniers dans des maisons vides”, explique Tommy Thompson, brigadier de police à Phoenix. D’après les autorités, 1 069 immigrés clandestins ont été retrouvés dans 68 maisons vides au cours des cinq premiers mois de l’année 2009. Le phénomène marque une évolution dans les filières de passeurs clandestins. Il y a quelques dizaines d’années, les ouvriers latino-américains passaient régulièrement la frontière, revenant tous les ans travailler sur le même chantier ou dans la même exploitation agricole aux Etats-Unis. Généralement, ils faisaient toujours appel au même passeur ou “coyote”. A présent, les filières des passeurs sont contrôlées par des gangs organisés. Selon les forces de police américaines et mexicaines, cette tendance serait la conséquence du renforcement des contrôles à la frontière entre les deux pays. La traversée de la frontière étant de plus en plus difficile, les prix exigés par les passeurs se sont envolés, aiguisant l’appétit de certains réseaux criminels mexicains qui ont pris la place des “coyotes” locaux. Et la région de Phoenix est particulièrement concernée par ce phénomène, car les contrôles à la frontière ont surtout été renforcés au niveau des points de passage au Texas et en Californie, ce qui pousse de plus en plus de candidats à l’immigration et de passeurs vers l’Arizona.

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