Trafic. Espagne : enquête sur les méthodes des narcos d’Andalousie

El País (Madrid)

Ce journaliste du quotidien espagnol El País a réalisé un reportage en profondeur sur les trafiquants de haschisch du sud du pays. Comment ils importent la drogue des côtes marocaines. Et comment ils blanchissent leur argent sale – dont une partie fait vivre l’économie locale.

“Prépare-m’en deux bonnes comme je les aime.” Isco Tejón, dit “El Castaña” (“la Châtaigne”), prétend que, quand il a fait cette demande au Marocain qui l’écoutait à l’autre bout du fil – sur un téléphone sur écoute –, il ne parlait que de femmes. “Il se trouve qu’il a un business d’échange de couples”, justifie une connaissance.

On a du mal à croire que ce roi du haschich, à la fortune évaluée à 30 millions d’euros, ne se référait pas à deux de ces semi-rigides, des bateaux pneumatiques aux puissants moteurs hors-bord, qui arrosent l’Europe de tonnes de drogue en un flux constant que même la crise du coronavirus n’a pas réussi à arrêter.

Isco Tejón, son frère Antonio et quelques autres n’ont pas échappé à l’étau policier sur le détroit de Gibraltar. Mais ce n’est pas la première fois, loin de là, que le narcotrafic andalou connaît des difficultés et doit s’y adapter. La pandémie qui a frappé l’Espagne n’a d’ailleurs pas fait exception.

Une cargaison de drogue saisie à côté du luxueux ensemble immobilier de Sotogrande, dans la localité de San Roque (province de Cadix). La remorque d’un semi-

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