Trafic de drogue: deux hommes jugés à Bobigny pour une fusillade mortelle en 2019

Illustration - AFP
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Deux hommes de 30 ans et 41 ans comparaissent depuis ce vendredi devant les assises de la Seine-Saint-Denis pour une fusillade qui a fait un mort et un blessé à Pantin en 2019, sur fond de règlement de compte entre trafiquants de drogue.

Selon l'accusation, il s'agissait de faire comprendre à un dealer établi aux Sept-Arpents, un quartier populaire de cette ville limitrophe de Paris, que son comportement avait dépassé les bornes.

Les victimes visées au niveau d'un point de deal

Pour faire passer le message, les deux hommes habillés en noir et monté sur un scooter de grosse cylindrée font irruption, le 12 février 2019 vers 20 heures, au niveau de l'îlot Scandicci, un autre point de deal bien connu et très lucratif.

De nuit, le tireur ouvre le feu à plusieurs reprises. Tiky G., 27 ans, meurt presque sur le coup et un autre homme est blessé.

L'idée était de viser leurs jambes, selon la version du tireur présumé : la "jambisation" est une méthode courante dans le milieu pour réprimer les velléités d'un concurrent.

Non-lieu pour le commanditaire présumé

Cheveux bruns coupés courts, Michel Tetaert, âgé de 30 ans, au parcours émaillé par la violence, la consommation de cannabis et les passages en justice, a expliqué qu'il était sans domicile fixe au moment des faits. "J'étais à la rue, je dormais dans une voiture qui ne fonctionnait pas". Selon les éléments de l'enquête, il avait accepté cette opération criminelle en échange de quelques centaines d'euros.

Le second accusé, Sékou Bangoura, 41 ans, qui comparaît libre, est suspecté d'être l'homme de main au guidon du scooter, ce qu'il nie.

Le mobile de cette fusillade semble difficile à établir. Le commanditaire présumé, surnommé "Dad" et âgé de 28 ans au moment des faits, a interjeté appel de sa mise en accusation et obtenu un non-lieu faute de charges suffisantes, échappant ainsi à ce procès.

D'après les enquêteurs, ce règlement de compte s'inscrivait dans un contexte de rivalités entre dealers. La victime, Tiky, et "Dad" étaient d'anciens associés, avec un troisième larron. Lorsque leur alliance a volé en éclats, ils ont chacun conservé un territoire: Tiky opérait sur les Sept-Arpents, Dad gérait l'îlot Scandicci.

Une violente altercation avait eu lieu, alors que Tiky accusait son ancien associé de détourner ses propres vendeurs, selon des renseignements anonymes recueillis pendant l'enquête. Le verdict est attendu le 2 décembre.

Article original publié sur BFMTV.com