Trafic d'antiquités : la justice new-yorkaise saisit cinq pièces égyptiennes au Met Museum

Cinq pièces égyptiennes appartenant au prestigieux Metropolitan Museum de New-York ont été saisies par la justice américaine. Selon les autorités, cette opération est liée à la "même enquête" que celle ouverte à Paris, dans laquelle l'ancien président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, est inculpé.

C'est un nouveau développement dans l'enquête menée à Paris sur un trafic d'antiquités impliquant l'ancien patron du Louvre : la justice new-yorkaise a saisi cinq pièces égyptiennes en possession du prestigieux Metropolitan Museum de New York, mais potentiellement issues d'un pillage.

D'après un document judiciaire obtenu par l'AFP, une juge de la cour suprême de l'État de New York a ordonné, le 19 mai, la saisie de ces cinq antiquités, dont le portrait funéraire d'une femme daté des années 54 à 68 après J.-C., d'une valeur d'environ 1,2 million de dollars, et un groupe de cinq fragments de lin peints représentant une scène du Livre de l'Exode, daté entre 250 et 450 avant J.-C., évalué à 1,6 million de dollars.

"Les pièces ont été saisies en vertu de ce mandat", a indiqué un porte-parole des services du procureur de Manhattan, en précisant qu'il s'agissait de la "même enquête" que celle ouverte à Paris, dans laquelle l'ancien président-directeur du Louvre, Jean-Luc Martinez, est inculpé.

D'après le site The Art Newspaper, qui a révélé l'information, les cinq pièces ont été achetées entre 2013 et 2015 par le Met Museum de New York.

Une enquête tentaculaire

Sollicité jeudi par l'AFP, le musée a renvoyé à une précédente déclaration où il se disait "victime d'une organisation criminelle internationale" et assurait "coopérer" avec les autorités.

En 2019, le grand musée new-yorkais avait déjà rendu à l'Égypte un sarcophage doré qu'il avait acheté en 2017 mais s'était avéré avoir été volé en 2011, en plein tumulte révolutionnaire dans ce pays. Le Met avait alors dû brutalement interrompre une exposition consacrée à ce cercueil fabriqué pour Nedjemankh, prêtre du dieu à tête de bélier Heryshef.

L'enquête parisienne cherche à établir si, parmi des centaines de pièces pillées pendant les printemps arabes dans plusieurs pays du Proche et Moyen-Orient, certaines ont été acquises par le Louvre Abu Dhabi.

Plusieurs des protagonistes inculpés, dont le propriétaire d'une galerie à Hambourg (Allemagne), Roben Dib, placé en détention provisoire, sont aussi impliqués dans la vente du sarcophage au Met Museum, selon un rapport de 2019 du bureau du procureur de Manhattan.

Avec AFP

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