Une nouvelle traduction de l'« Odyssée » de Homère, mais pour quoi faire ?

Par Sophie Pujas
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Emmanuel Lascoux livre une nouvelle traduction de l’Odyssée.
Emmanuel Lascoux livre une nouvelle traduction de l’Odyssée.

Il fallait oser : donner une nouvelle « version française » à l'Odyssée ! Helléniste, récitant et musicien, Emmanuel Lascoux apporte sa pierre à notre compréhension du monument antique. Une traduction publiée chez P.O.L, et qu'il a voulu vivante, orale et surtout musicale. Ses explications.

Le Point : « La langue d'Homère est intraduisible », écrivez-vous en préface de cette Odyssée. Pourquoi avoir eu envie de vous lancer dans cette aventure impossible ?

Emmanuel Lascoux : C'est toujours le paradoxe de la traduction, et peut-être plus encore pour la vieille langue d'Homère. C'est une langue qui n'a jamais été parlée par personne, une multilangue artificielle, puisqu'elle emprunte à différents idiomes. Comme tous les hellénistes, je pratique la lecture directe et fréquente des traductions connues, anciennes ou plus récentes, notamment la légendaire traduction de Philippe Jaccottet. Mais grâce à mon métier de professeur et de récitant, de performeur de grec ancien, je me suis rendu compte que j'avais envie d'un autre Homère. Un Homère familier, direct, et une Odyssée qui soit une sorte de transposition de tous les bruits qu'il y a dans la langue grecque. Ce qui m'intéresse, c'est le son. Je passe mon temps entre mon grec et mon piano. J'ai notamment performé la traduction de Philippe Brunet, qui insuffle une rythmique française au grec. J'avais envie de faire autre chose : une audiodescription, une vision vocale.

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