Washington maintient sa "pression maximale" sur Téhéran

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WASHINGTON MAINTIENT SA "PRESSION MAXIMALE" SUR TÉHÉRAN
WASHINGTON MAINTIENT SA "PRESSION MAXIMALE" SUR TÉHÉRAN

WASHINGTON (Reuters) - L'administration de Donald Trump a sanctionné mercredi des dizaines d'individus ou d'entités iraniens dans le cadre de la politique de "pression maximale" exercée par les Etats-Unis contre Téhéran, que le secrétaire d'Etat Mike Pompeo a promis de renforcer encore dans les prochaines semaines.

Ces nouvelles mesures, prises à deux mois de la fin du mandat du président républicain, visent notamment la Bonyad Mostazafan - ou Fondation des opprimés -, contrôlée par l'ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la Révolution islamique, ainsi que dix individus et 51 entités qui lui sont associées.

Cette organisation caritative est accusée par Washington d'avoir amassé une fortune au détriment du reste de l'économie iranienne et de contrôler des centaines de sociétés et de propriétés saisies depuis la Révolution de 1979.

"Le guide suprême iranien utilise Bonyad Mostazafan pour récompenser ses alliés sous couvert de charité", écrit le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, dans un communiqué. "Les Etats-Unis continueront à prendre pour cible les individus et les sources de revenus qui permettent à ce régime de continuer à réprimer son propre peuple."

Le ministre iranien du Renseignement, Mahmoud Alavi, est également dans le collimateur, accusé par Washington d'avoir joué un rôle central dans des violations des droits de l'homme commises lors de manifestations antigouvernementales en novembre 2019, de même que des entreprises opérant dans les secteurs des métaux, du pétrole et des transports.

LES ETATS-UNIS NE DOIVENT PAS CÉDER AU "CHANTAGE NUCLÉAIRE"

Environ 1.500 personnes ont été tuées en deux semaines de manifestations contre le pouvoir iranien dans la dernière quinzaine de novembre l'an dernier, selon Reuters.

Ce bilan, fourni à Reuters par trois responsables du ministère iranien de l'Intérieur, comprend au moins 17 adolescents et environ 400 femmes, ainsi que des membres des forces de sécurité. Le ministère iranien de l'Intérieur avance officiellement un bilan de 225 morts.

Le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo, qui est arrivé mercredi en Israël dans le cadre d'une tournée en Europe et au Proche- et au Moyen-Orient, a estimé que la politique de pression maximale portait ses fruits, ajoutant que de nouvelles sanctions seraient imposées par Washington dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Les Etats-Unis ne doivent pas être les victimes "du chantage nucléaire" iranien et "abandonner les sanctions", a ajouté Mike Pompeo dans un message à peine voilé à la prochaine administration démocrate.

Donald Trump, qui refuse de reconnaître la victoire de Joe Biden lors de l'élection présidentielle du 3 novembre, doit céder le pouvoir au démocrate le 20 janvier prochain. Au cours de ses quatre années de mandat, l'Iran a été l'une des principales cibles de son administration.

En 2018, il a retiré les Etats-Unis de l'accord sur le nucléaire iranien signé trois ans plus tôt par son prédécesseur démocrate Barack Obama et a imposé des sanctions contre un éventail d'entités et individus iraniens pour tenter en vain de mettre au pas Téhéran.

Le New York Times a rapporté lundi que le président américain avait demandé jeudi dernier à ses conseillers de lui présenter des options pour mener une attaque contre le principal site nucléaire de l'Iran, mais qu'il avait finalement renoncé à cette option radicale.

(Daphne Psaledakis et Humeyra Pamuk; version française Henri-Pierre André et Jean-Stéphane Brosse)