Le Trésor américain accuse le Vietnam et la Suisse de manipuler leurs monnaies

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Le Trésor américain accuse formellement le Vietnam et la Suisse de manipuler leurs monnaies pour en tirer des profits commerciaux, et porte de sérieux souspçons sur trois pays, laissant entendre qu'ils ont orchestrer la dévalorisation de leur devise face au dollar.

Pour être accusé par Washington de manipulation des taux de changes, un pays doit répondre à trois critères : avoir un excédent commercial bilatéral de 20 milliards de dollars avec les États-Unis, des interventions sur les marchés des changes représentant 2% de son produit intérieur brut et un excédent courant dépassant 2% de son PIB.

Deux fois par an, le Trésor américain passe à la loupe les pratiques comerciales de ses 20 principaux partenaires. Dans un dernier rapport qui couvre la période allant de juillet 2019 à juin 2020, le Trésor estime que les autorités suisses et vietnamiennes son intervenues sur les marchés des changes. Il accuse la Suisse d'avoir fait baisser le franc pour influencer la balance des paiements, et le Vietnam d'avoir fait baisser le dong, dans le but de bénéficier d'un « avantage concurrentiel déloyal ».

Apaisement avec la Chine

Si Hanoi s'est refusée à tout commentaire, la Banque nationale suisse s'est défendue en affirmant que ses interventions sur le marché des changes ne visaient pas à lui assurer un avantage commercial déloyal mais à contribuer à la mise en œuvre de sa politique monétaire et à la stabilité des prix.

Par ailleurs, dix autres pays, dont l'Allemagne, le Japon et l'Italie, la Corée du Sud, sont déjà placés sous surveillance. Le Trésor vient de rajouter Taïwan, la Thaïlande et l'Inde. En revanche, depuis janvier 2020, Washington ne considère plus que la Chine manipule sa monnaie. En signe d'apaisement, dans la guerre commerciale qui oppose les deux grandes puissances, Washington l'a placée dans la liste des pays sous surveillance.