"On avait très peur d'aller dehors": une Ukrainienne rescapée de l'usine d'Azovstal témoigne

Tanya, ancienne ingénieure de l'usine Azovstal raconte sur BFMTV les deux mois pendant lesquels elle était réfugiée dans le bâtiment.  - BFMTV
Tanya, ancienne ingénieure de l'usine Azovstal raconte sur BFMTV les deux mois pendant lesquels elle était réfugiée dans le bâtiment. - BFMTV

876450610001_6305587061112

C'est la fin du cauchemar pour une centaine de civils qui s'étaient réfugiés durant de longues semaines dans l'usine d'Azovstal, à Marioupol, pour échapper aux bombardements russes. Ils ont pu être évacués en début de semaine.

Tanya, ingénieure, raconte les deux mois passés enfermée avec sa famille dans l'aciérie. Cette habitante de Marioupol connaît bien l'usine de métallurgie car elle y a travaillé de 2016 à 2019, et sa mère y travaillait toujours au début de l'invasion russe en Ukraine.

"Nous avons décidé de fuir et de nous abriter"

"Le 2 mars, à coté de notre maison, il y a eu quelques obus qui sont tombés et nous avons eu très peur, c'est pour cela qu'après un conseil de famille nous avons décidé qu'il fallait fuir et nous abriter", raconte la jeune femme sur BFMTV.

"Ma mère a dit qu'il y avait un abri anti-bombe en dessous de son unité de production, qu'il y avait de l'eau et de quoi rester pendant quelques jours", explique-t-elle.

Finalement, Tanya et sa famille y sont restées cachées pendant deux mois, le temps que les Russes trouvent un accord avec l'armée ukrainienne pour évacuer les civils réfugiés dans l'usine en toute sécurité.

876450610001_6305563024112

Dans cet abri, les Ukrainiens réfugiés ont construit des lits de fortune avec du bois et des palettes, "en installant des couvertures avec des vêtements trouvés dans l'usine".

Côté nourriture, malgré des provisions faites en avance, Tanya explique "ne pas avoir beaucoup mangé. Nous avions pris des céréales, des pâtes mais il en avait pas beaucoup car on ne pensait pas rester aussi longtemps".

"On avait très peur d'aller dehors"

Durant ces longues semaines, "on a pu sortir quelques fois, jeter un oeil dehors, voir quelques rayons de soleil, mais c'était très rare. On avait très peur d'aller dehors. Il fallait vraiment ne pas faire de bruit, on sortait en courant très vite", se souvient-elle.

L'usine a été prise pour cible par l'armée russe à de nombreuses reprises, "il y avait tout le temps du bruit, des avions, des bombes c'était vraiment terrifiant", relate encore Tanya.

"Je me suis beaucoup mieux"

Après son évacuation mardi vers Zaporijia, elle confie: "Je me sens beaucoup mieux, je comprends qu'ici nous sommes plus en sécurité que sur le site d'Azovstal. J'espère vraiment que les personnes qui sont restées sur place, que ce soit des militaires ou des civils, pourront très vite se joindre à nous."

Article original publié sur BFMTV.com

Notre objectif est de créer un endroit sûr et engageant pour que les utilisateurs communiquent entre eux en fonction de leurs centres d’intérêt et de leurs passions. Afin d'améliorer l’expérience dans notre communauté, nous suspendons temporairement les commentaires d'articles