De très grand lac à désert, une étude scientifique met en évidence la rapidité du changement du Sahara

Michel Lachkar

On connaît les gravures d’antilopes, de girafes et de poissons des grottes du Tassili dans le Sahara algérien. On retrouve ces mêmes gravures rupestres sur le site de Takarkori, dans les montagnes du Tadrart Acacus (sud-ouest libyen). C’est là que les scientifiques du Musée d’histoire naturelle de Belgique et de l’université de Rome "La Sapienza" ont analysé des milliers de fossiles datant de 8 200 à 4 600 ans avant J.-C. Ils ont pu constater que le poisson était alors à la base du régime alimentaire des habitants, confirmant que cette région était autrefois recouverte de lacs et de rivières.Cette étude met en évidence la rapidité du changement climatique dans le Sahara : moins de 3 000 ans.

Les chercheurs ont analysé 17 500 fossiles datant de 10 200 à 4 650 ans prélevés près du site de Takarkori. Ils ont constaté que 80% des restes d'animaux appartenaient à des poissons d’eau douce (tilapias et silures), avec des marques montrant qu'il s'agissait de déchets alimentaires humains. Les poissons étaient alors tellement abondants qu'ils constituaient la très grande majorité du régime alimentaire des habitants, révèle cette nouvelle étude parue le 19 février 2020 dans la revue PLOS One.

La région est aujourd'hui l'une des régions les plus arides du monde. Balayée par les vents et recouverte de dunes de sable, la température moyenne y dépasse les 40 °C l'été et la pluviosité est d'à peine 0 à 20 mm par an.

Durant (...)

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