Attentat de Trèbes: les terribles échanges entre Radouane Lakdim et son otage au Super U

Jade Toussay
Trèbes: les échanges glaçants entre Radouane Lakdim et son otage au Super U

TRÈBES - Quatre mois après l'attentat au sein du Super U de Trèbes, où deux personnes ont été tuées et une autre mortellement blessée, Le Monde a reconstitué les échanges entre Radouane Lakdim, revendiqué membre de Daech et l'employée qu'il a prise en otage avant qu'elle ne soit sauvée par le colonel Arnaud Beltrame.

Depuis le 23 mars, Julie, le jeune femme séquestrée par le terroriste, est restée silencieuse. Mais elle a cependant raconté la scène aux enquêteurs, déclarations que Le Monde a pu consulter, en les recoupant avec les enregistrements des conversations téléphoniques avec les forces de l'ordre.

Hôtesse d'accueil, Julie s'est cachée dans une pièce après les deux coups de feu mortels tirés par Radouane Lakdim. Mais le terroriste l'a rapidement trouvée et a fait d'elle son otage. Il la rassure d'abord en partie sur ses intentions à son égard, avant de lui faire appeler la police. "Il m'a demandé de trouver un téléphone. A sa demande, j'ai contacté la gendarmerie de Carcassonne, j"ai composé le 17", a raconté Julie aux enquêteurs.

Au gendarme qui décroche, elle indique son nom et sa situation, avant que Radouane Lakdim ne lui dicte ses ordres. "Tu dis... je suis un soldat de l'Etat islamique. (...) Le Monsieur dit qu'il est un soldat de l'Etat islamique... en représailles, parce que la France a bombardé la Syrie, l'Irak et le Mali... Vous bombardez mes frères... Alors maintenant il faut assumer les conséquences... OK?", rapporte l'employée du magasin.

"J'allais dans son sens dès qu'il me parlait"

Pendant la prise d'otage, Radouane Lakdim tente de justifier ses actes auprès de Julie, évoquant pêle-mêle les actions françaises en Syrie, les fiches S et les attentats précédents menés sur le territoire: "J'vais la faire à la Coulibaly... j'vais rejoindre mes frères... Mohamed Merah, Coulibaly... ils ont raison... voilà, c'est tant pis... même s'ils ont pas raison, ils ont vu ce qui se passe... j'vois que les soldats Français ils violent des enfants au...

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