Les “tours jumelles indiennes” démolies pour lutter contre la corruption

IMTIYAZ KHAN / Anadolu Agency via AFP

Étage par étage, en une dizaine de secondes, les “tours jumelles indiennes” se sont écroulées. Le dimanche 28 août a eu lieu la démolition de deux tours de Noida, dans l’État de l’Uttar Pradesh, au sud-est de Delhi. Il s’agit des plus hautes tours (100 mètres) volontairement détruites dans le pays, affirme Al-Jazeera, et de “l’une des rares fois où le gouvernement indien a pris des mesures fortes contre les élus et les promoteurs véreux”.

Au début du mois, la Cour suprême avait ordonné la démolition des Supertech Noida, encore jamais habitées, jugeant qu’elles avaient été construites illégalement. L’entreprise Supertech avait acquis le terrain en 2004 et obtenu en 2005 les autorisations pour un plan de construction qui ne mentionnait pas les tours. “En 2009, les promoteurs ont rectifié leur projet, ajoutant plusieurs étages aux bâtiments déjà prévus, les deux tours supplémentaires et un centre commercial”, raconte The Hindustan Times.

En 2012, une association de résidents dénonce l’arrivée de ces tours dans leur paysage, auprès de la Haute Cour d’ Allahabad. Ils s’appuient sur un texte de loi de 2010 : “Les tours jumelles empiétaient sur un espace initialement destiné à accueillir un jardin, et les bâtiments se tenaient à moins de 16 mètres les uns des autres, un écart non conforme à la loi.”

Lutter contre la corruption ou le mal logement ?

Bhupendra Chaudharye, le chef du BJP (le parti au pouvoir du Premier ministre, Narendra Modi) dans l’Uttar Pradesh, a approuvé cette destruction, souhaitant qu’elle serve d’exemple pour dissuader la construction de bâtiments hors-la-loi : “Cette démolition est un message fort, et nous devons en tirer les enseignements.”

Mais certains auraient aimé que les Noida soient plutôt réhabilitées pour accueillir, par exemple, des personnes dans le besoin, explique The Hindustan Times dans un autre article. C’est le cas d’Alok Singh, membre fondateur de l’organisation Active Citizen Team :

“Nous respectons la décision de la Cour suprême, mais, pour éviter que tout l’argent déjà dépensé dans la construction ne soit jeté par les fenêtres, le bâtiment aurait dû être cédé au gouvernement. Celui-ci aurait pu en faire un centre d’accueil pour sans-abri, un hôpital, ou un autre projet caritatif de ce genre.”

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