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Tito Topin Connu pour «Navarro», cet auteur de polars est un mutant perpétuel doublé d’un optimiste forcené.

La veille, des pépins de santé, «des conneries» l’ont envoyé aux urgences. On le plaint d’avoir dû se coltiner l’hôpital forcément saturé, il renvoie dans un sourire : «Ces gens sont admirables.» Du Tito Topin pur jus. Un alliage de méfiance ontologique pour la lamentation et de hiératique «never explain, never complain». Tito Topin ou une vie à déjouer les mollesses qui ralentissent et les facilités qui pourraient altérer son rythme de mutant perpétuel.

A sa place, on aurait levé le pied et profité en rentier, le hold-up parfaitement plié. Lui, 85 ans, a fait tout l’inverse. Malgré le succès de Navarro, increvable série télé qu’il a créée en 1989, Tito Topin est reparti au charbon de la feuille blanche. A l’approche de ses 80 ans, ce père de deux filles, grand-père de cinq petites-filles et arrière-grand-père d’une petite fille, s’est remarié, a déménagé, s’est remis à voyager, est tombé amoureux du Japon. Et là, il livre l’Exil des mécréants, un polar d’anticipation complètement de saison : dans un monde où les religions ont pris le pouvoir, où les dictatures théocratiques ont évincé la république, où ne pas croire est devenu un délit, les athées sont impi(e)toyablement pourchassés. La cavale d’un journaliste trop curieux pour l’Eglise embarque le lecteur d’Avignon (où vit Topin) à Lisbonne, le pied sur l’accélérateur, la main sur le frein à main : Topin écrit sec, vif, tranchant. Un coup de tatane contre des temps affligeants.

Pas du tout, dit Topin. «Moi, je ne suis pas du tout nostalgique, et je pense que la période actuelle est formidable. Alors oui, c’est vrai, avec la religion, il y a un retour en arrière. Je ne suis pas baptisé, je ne crois pas en un dieu, et nous, dans les années 70, on s’en foutait tous. Mais à part ça, la société a progressé. Le travail des femmes, par exemple, était plus difficile, il n’y avait pas les surgelés Picard. Et si des (...)

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