Tour d'Italie: avec l'Érythréen Biniam Girmay, fraîcheur garantie

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Révélé dans les années 2010, le cyclisme érythréen continue de surprendre sur les routes européennes, cette fois avec Biniam Girmay, candidat à une victoire d'étape dans les sprints du Tour d'Italie. Premier représentant du cyclisme d'Afrique subsaharienne vainqueur d'une classique en mars dernier lors de Gand-Wevelgem, il est une des attractions du 105e Giro.

Le Tour d'Italie, Biniam Girmay le regardait enfant à la télévision. Vendredi 6 mai, il a pris le départ de ce périple de trois semaines en frappant fort avec une deuxième place lors de la première étape derrière le talentueux Mathieu van der Poel. Une preuve que le garçon de 22 ans n'a pas froid aux yeux, après avoir été le premier cycliste d'Afrique noire à monter sur le podium d'un Championnat du monde en 2021 (2e de la course Espoirs).

Depuis, il s’est illustré en remportant la classique flandrienne sur la chaussée ensoleillée de Gand-Wevelgem le 27 mars avec l’équipe belge Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux. Aujourd'hui, il rêve de devenir le premier coureur africain noir à remporter une étape sur un Grand Tour.

Digne successeur de Daniel Teklehaimanot

Lui aussi Érythréen, Daniel Teklehaimanot avait été le premier coureur noir du continent à participer au Tour de France, en 2015. Il avait porté la tunique de meilleur grimpeur pendant quatre journées. C'est le Français Michel Thèze qui avait repéré ce dernier, sur une course au Maroc, puis qui l'avait préparé à devenir professionnel.

La réussite de Biniam Girmay « arrive au meilleur moment, ça va donner un second souffle », estime désormais Michel Thèze qui, en tant qu'ancien directeur du Centre mondial du cyclisme (CMC), créé par l'Union cycliste internationale pour accompagner les talents des pays émergents, a fait connaître bien d'autres coureurs de ce petit pays de la Corne de l'Afrique. « C'est une confirmation du grand potentiel qui existe là-bas », ajoute le Français dans un entretien à l'AFP.

« Cela va changer beaucoup de choses pour mon futur, j'espère aussi pour celui des coureurs africains », abondait Biniam Girmay après sa victoire sur Gand-Wevelgem. Vainqueur dès la fin janvier d'une course à Majorque (Espagne), Girmay a progressé au fil de la saison. Il s'est par exemple fait remarquer avec sa 12e place dans la classique Milan-Sanremo, en mars.

L'Érythrée, pays coincé entre les hauts plateaux de la Corne de l'Afrique et la mer Rouge, vit en quasi-autarcie, sous un régime autoritaire de parti unique, depuis son indépendance de l'Éthiopie en 1993. Depuis les années 2010, des équipes professionnelles se sont tournées vers d'autres Érythréens, comme Merhawi Kudus (EF Education-EasyPost), actuellement sur le Tour d'Italie, Natnael Tesfatsion (Drone Hopper-Androni Giocattoli), ou encore Natnael Berhane, vainqueur du Tour de Turquie en 2013, et de la Tropicale Amissa Bongo au Gabon en 2014. Héritée de la colonisation italienne entre 1885 et 1941, la pratique du cyclisme est profondément ancrée dans la culture érythréenne.

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« Même sur les pavés, il ne touchait pas aux freins »

Biniam Girmay, c'est un peu le passe-partout du cyclisme. Il sait se placer dans un peloton et rester dans les premières positions quand la course s'emballe, et que la ligne d'arrivée est en vue. Lors de Gand-Wevelgem, des pavés, Biniam Girmay n'en avait jamais vu avant le début de la saison. Et pourtant... « Ce sont des courses dont on dit souvent qu'il faut les avoir faites plusieurs fois pour en connaître les pièges et les dangers. Mais lui, il vient là pour la première fois et il la gagne », avait témoigné son coéquipier Adrien Petit. « Même sur les pavés, il ne touchait pas aux freins. Ça a aussi facilité les choses pour nous. Je me souviens par exemple que quand je devais le remonter dans le Kemmel (un mont pavé sur le parcours Gand-Wevelgem, NDLR), je n'avais pas à me retourner. Je savais qu'il suivait sans problème », ajoutait le Français dans les colonnes de Ouest France.

À 19 ans, Biniam Girmay s'était offert une étape sur les routes escarpées du Tour du Rwanda. Lors du Trofeo Laigueglia, en février 2020, il signait une 2e place devant les Italiens Diego Rosa et Andrea Vendrame. Selon plusieurs observateurs, le jeune homme a la science de la course. Se placer, anticiper et attaquer au bon moment : Biniam Girmay a déjà compris l'essentiel du sport cycliste. « Bini » (c'est son surnom), attraction médiatique pour ses origines subsahariennes, va sans doute devenir très vite connu uniquement pour ses exploits sportifs.

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