Tour d'Espagne: Uran le plus audacieux, Evenepoel en contrôle

L'audace a été récompensée: le Colombien Rigoberto Uran (EF Education EasyPost) a remporté mercredi la 17e étape du Tour d'Espagne, où le maillot rouge Remco Evenepoel (Quick-Step) a conservé son avance au classement général.

A l'expérience, le vétéran de 35 ans s'est montré plus fort que Quentin Pacher (Groupama-FDJ) et Jesus Herrada (Cofidis) dans les derniers hectomètres, au terme d'une véritable bataille entre les échappés du jour dans les derniers kilomètres du col du Monastère de Tentudia.

"Cela fait des années que je cherche à gagner dans cette course. Ca m'est déjà arrivé de ne pas passer loin dans la Vuelta. Ca ne s'est pas joué à grand chose. Cette victoire montre qu'il faut toujours entreprendre, tenter et ne jamais perdre espoir", a savouré Rigoberto Uran, ému à l'arrivée de l'étape mercredi.

Après deux victoires d'étape dans le Tour d'Italie et une dans le Tour de France, le grimpeur a désormais levé les bras dans tous les Grands tours avec ce premier succès dans la Vuelta.

Il intègre par la même occasion le top 10 de la boucle espagnole, à la 9e place.

Cette victoire vient se mêler à la frustration du coureur français Quentin Pacher, qui aura tout tenté dans le dernier kilomètre de la montée pour finalement "mourir dans la roue d'Uran".

A noter que trois autres français ont intégré le top 10 de l'étape, avec Kenny Elissonde (5e), Clément Champoussin (6e) et Elie Gesbert (9e).

Le groupe à l'avant de treize coureurs a profité d'un parcours andalou "casse-patte" selon Elie Gesbert, pour couper la ligne cinq minutes et onze secondes avant les favoris.

Attaqué dans les portions finales par ses principaux concurrents, le maillot rouge Remco Evenepoel (Quick-Step) n'a pas tremblé, en ne concédant que neuf petites secondes sur Joao Almeida (UAE), sixième du général à près de sept minutes.

-"Son mental était brisé"-

Après l'abandon de Primoz Roglic (Jumbo) mercredi matin, "le petit cannibale" possède deux minutes et une seconde d’avance sur son nouveau dauphin au général Enric Mas (Movistar) et 4 minutes et 51 secondes sur l’espoir espagnol de 19 ans Juan Ayuso (UAE).

Trois nouveaux abandons sont survenus mercredi, dont le triple tenant du titre slovène, victime de ses blessures à la suite de sa chute dans les derniers hectomètres de la 16e étape mardi.

"Primoz a passé une mauvaise nuit, avec beaucoup de douleurs. Son mental était vraiment brisé. On a passé un scanner ce matin qui n'a révélé aucune fracture, mais il avait de grosses brûlures et ça a combiné avec sa peine, c'était impossible de remonter sur un vélo ce matin", a témoigné l'entraîneur de la Jumbo Addy Engels au départ de l'étape.

Une nouvelle qui bénéficie au Belge de 22 ans pour ramener le maillot rouge à l'issue de la Vuelta dimanche, à Madrid, alors que seul Enric Mas (Movistar) semble désormais en mesure de le titiller au classement général.

"Le petit cannibale" s’est dit "triste" de l'abandon du Slovène mercredi, précisant toutefois que son équipe de la Quick-Step doit "rester attentive, car le danger peut venir de partout sur un Grand tour".

Le sprinteur français de la Cofidis Bryan Coquard a aussi jeté l’éponge, "fatigué des derniers jours" selon son équipe, alors que Filippo Conca (Lotto-Soudal) est le 26e testé positif au Covid depuis le départ de la Vuelta.

Au total, 44 coureurs ont jeté l'éponge depuis le départ de la boucle espagnole le 19 août d'Utrecht, aux Pays-Bas, soit environ un quart du peloton.

Jeudi, le peloton s'attaque à une des dernières étapes de montagne de l'édition 2022 avec deux cols de première catégorie entre Trujillo et le col du Piornal.

vd/agt