Tour d'Espagne: Pedersen gagne encore, Evenepoel se rapproche du but

Le Danois Mads Pedersen, porteur du maillot vert, a remporté vendredi la 19e étape du Tour d'Espagne, longue de 138,3 km, autour de Talavera de la Reina, soit sa 3e victoire dans cette édition de la Vuelta toujours parfaitement gérée par Remco Evenepoel.

Le coureur de la Trek-Segafredo, sûr de sa force et bien entouré par ses équipiers, n'a eu aucun mal à s'imposer devant le Britannique Fred Wright (Bahreïn) et le Belge Gianni Vermeersch (Alpecin-Deceuninck), au terme d'une étape plutôt tranquille qui ne changera rien au classement général.

Le maillot rouge est toujours solidement accroché sur les épaules d'Evenepoel (Quick-Step), à deux jours de l'arrivée à Madrid, puisque le jeune Belge compte toujours deux minutes et sept secondes d'avance sur l'Espagnol Enric Mas (Movistar) et cinq minutes et 14 secondes sur l'une des révélations de la saison, l'autre Ibère Juan Ayuso (UAE).

Il reste à Evenepoel une très grosse étape à négocier samedi, 181 km entre Moralzarzal et Puerto de Navacerrada, via plusieurs difficultés de 1re et 2e catégorie, mais son avance sur Mas et Ayuso devrait lui permettre de gérer cette 20e étape.

Il a fallu attendre les trois derniers kilomètres pour que le peloton, privé de quelques têtes d'affiche ces derniers jours par une épidémie de Covid-19, commence à s'organiser en vue du sprint final, dont le favori était forcément Mads Pedersen, déjà vainqueur des 13e et 16e étapes.

La dernière échappée de cette journée plutôt calme, composée de trois coureurs, Brandon McNulty (UAE), Jonathan Caicedo (EFE) et Ander Okamika (BBH), a été reprise à 49 km de l'arrivée, soit avant le deuxième passage dans le col du Piélago (2e catégorie).

"C'était très dur de contrôler le peloton, l'équipe a fait un travail impressionnant, notamment quand les trois garçons sont partis devant avec McNulty, il fallait aller les chercher le plus vite possible. Je dois dire merci aux gars car sans eux je n'avais aucune chance de gagner aujourd'hui", a réagi Pedersen.

- Roglic accuse Wright -

En marge de cette 19e étape, Primoz Roglic (Jumbo-Visma), qui avait abandonné à la suite d'une chute dans le sprint de la 16e étape, finalement remportée par Pedersen, a accusé Wright, 2e de cette 19e étape, de l'avoir fait tomber de manière "inacceptable" mardi.

"Les circonstances de cette chute sont inacceptables. Elle n'a pas été provoquée par le mauvais état de la route ou une sécurité défaillante mais à cause du comportement d'un coureur. Je n'ai pas d'yeux dans le dos, sinon j'aurais laissé la place. Wright est venu de derrière et m'a arraché le guidon des mains sans que je puisse réagir", a dénoncé le Slovène sur le site internet de son équipe.

Roglic, qui visait une quatrième victoire de suite sur la Vuelta, a violemment chuté mardi à moins de 100 mètres de l'arrivée de la 16e étape, alors qu'il tentait de reprendre du temps à Evenepoel. En sang, la peau arrachée à plusieurs endroits, il est resté un long moment assis, hagard. Même s'il ne souffre d'aucune fracture, il a quitté la Vuelta le lendemain.

Les images ne montrent pas clairement ce qui s'est passé pendant le sprint. Quatrième de cette 16e étape, Wright, qui était au coude-à-coude avec Roglic au moment de la chute, a assuré ensuite qu'il n'y avait en tous cas "rien de délibéré" de sa part.

"Ce n'était pas okay", a estimé Roglic vendredi. "Ces choses ne devraient pas arriver. Les gens passent à autre chose comme si de rien n'était. Mais pas moi. Je ne veux pas que ça continue ainsi dans notre sport et je veux que ce soit clair", a ajouté le champion olympique du contre-la-montre.

Les coureurs de l'équipe Ineos Grenadier portaient un crêpe noir vendredi suite au décès de la reine d'Angleterre, Elizabeth II, jeudi soir. Le départ de l'étape, à Talavera de la Reina, avait été précédé d'une minute de silence pour tous les coureurs.

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