Toulouse: un ex-militant du FN devenu dealer jugé pour "tentative" d'assassinat

Logo de l'ancien Front national. Photo d'illustration - LIONEL BONAVENTURE / AFP
Logo de l'ancien Front national. Photo d'illustration - LIONEL BONAVENTURE / AFP

William S., qui avait reçu trois balles en 2019, répondra présent au procès de son agresseur ce lundi, alors que s'ouvre à Toulouse le procès de Raphaël Goiset. L'ex-militant du Front national, reconverti en dealer de cocaïne, est jugé jusqu'à mercredi. Il est accusé d'avoir tenté d'assassiner l'un de ses clients, le laissant pour mort dans une forêt de l'agglomération toulousaine.

Le 27 septembre 2019, Raphaël Goiset donne rendez-vous à l'un de ses clients, William S., âgé de 35 ans. À l'issue de cette entrevue, William S. écope de trois balles dans le dos, le dealer s'étant muni d'un revolver. La victime, un ancien rugbyman, s'en sort miraculeusement. Il est secouru par un automobiliste alors qu'il se traînait au bord d'une route départementale, précise Le Parisien ce lundi.

Placé dans le coma artificiel pendant quelques jours, il va ensuite déposer plainte, et Raphaël Goiset est interpellé par les autorités une dizaine de jours plus tard, à Gimont, dans le Gers.

L'accusé conteste la préméditation

L'accusé, Raphaël Goiset, affirme s'être défendu après avoir été menacé par William S. Lui, au contraire, parle d'un piège dans lequel l'aurait attiré l'ancien du FN: plus précisément, William S. raconte que son dealer lui fait croire qu'il a besoin de lui pour jouer les gardes du corps lors d'une transaction de stupéfiants. Au lieu de cela, Raphaël Goiset aurait dégainé un 357 Magnum pour lui tirer dans le dos.

Pourquoi Raphaël Goiset s'en est-il pris à l'ancien policier? L'enquête révèlera notamment que ce dernier devait 1000 euros à son dealer pour de la cocaïne, s'orientant alors vers l'hypothèse d'une dette de stupéfiants.

"Il y a une incompréhension du geste de cet homme devant cette modeste dette due par la victime, mais cet argent avait été prêté par sa mère et mon client tenait à la rembourser", déclare Me Joris Morer, avocat de l'accusé, auprès du Parisien.

"Quand il lui demandait de rembourser sa dette, [William S.] répondait à mon client qu'il allait partir et ne jamais lui rendre l'argent. Mon client ne l'a pas accepté et a voulu lui faire peur, certainement pas le tuer", poursuit l'avocat, corroborant la version de son client. "C'est incroyable de tirer sur quelqu'un pour une dette de 1000 euros", commente de son côté Me Sébastien Leguay, avocat de la victime, toujours auprès de nos confrères.

Figure de proue des Gilets jaunes à Toulouse

Raphaël Goiset avait rencontré William S. au cours d'une soirée, quelques mois plus tôt, selon Le Parisien. Il vivait alors de quatre emplois différents, consommant régulièrement de la cocaïne. Originaire du Jura, il fonde d'abord sa propre entreprise de zinguerie à Clairvaux-les-Lacs, à l'âge de 22 ans. En parallèle, à la même époque, il devient pompier volontaire et s'engage dans l'association des commerçants, relate Le Progrès.

L'année 2014 marque le début de son engagement en politique. C'est là qu'il s'inscrit au sein des jeunes avec le Front national. Peu à peu, il en deviendra l'un des leaders dans le Jura, avant d'en être écarté, deux ans plus tard. À l'heure des manifestations des gilets jaunes, il devient l'une des figure de proue du mouvement à Toulouse. Il en fait encore partie au moments de la tentative d'assassinat présumée.

Les bancs du tribunal, Raphaël Goiset les connaît déjà. Condamné en 2009 à un an de prison pour conduite en état d'ébriété, il a plus récemment écopé de six mois de prison avec sursis pour "violences conjugales" sur son ancienne compagne, précise Le Progrès. Pour les faits qui lui sont à présent reprochés, Raphaël Goiset encourt 30 ans de réclusion criminelle.

Article original publié sur BFMTV.com

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