Toujours plus vite ? Le philosophe Christophe Bouton a enquêté sur l’accélération supposée de l’Histoire

© Seuil

Tout va plus vite. On entend souvent l’expression, entre constat au doigt mouillé et lassitude. Y a-t‑il une accélération de l’Histoire ? Ou plutôt une accélération de la technologie et de la science ? Le premier à avoir émis cette hypothèse était Daniel Halévy en 1948. C’est lui qui a popularisé la formule dans un essai au titre éponyme qui n’a pas retenu l’attention parce qu’il était classé à droite. Depuis, c’est un peu comme la météo, on sent que les choses vont plus vite. Mais par rapport à quoi ? Et qu’entend-on par « choses » ? Christophe Bouton, professeur de philosophie à l’université de Bordeaux-Montaigne, spécialiste de Hegel, a mené l’enquête.

Son investigation puise dans les poids lourds de la pensée européenne comme Paul Ricœur en France ou Reinhart Koselleck de l’autre côté de Rhin. Mais il interroge aussi les savants, les politiques et les romanciers pour se saisir de cette « notion fourre-tout » afin de la disséquer. Il s’agit moins de démolition que de clarification.

En 2005, le sociologue allemand Hartmut Rosa avait émis l’idée que cette accélération était liée au libéralisme et à la mondialisation. Christophe Bouton tempère cette approche. Son ouvrage est passionnant dans ce qu’il nous révèle de nos sensibilités contemporaines. Dans des chapitres parfois trapus pour un public peu familier des notions de philosophie de l’Histoire, il propose quelques pistes éclairantes, notamment lorsqu’on arrive à l’ère de l’anthropocène, cette période où l’homme en vient...


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