Torture, maladies... Amnesty International dénonce les "conditions inhumaines" des prisons en Egypte

·1 min de lecture

De ses neuf passages en détention dans les prisons égyptiennes, Majed garde plusieurs marques indélébiles : un cancer de l'estomac, le sida qu'il a contracté après avoir été violé par l'un de ses geôliers en 2018, et la honte. Majed, 37 ans, aujourd'hui réfugié politique dans un pays européen, a accepté de témoigner sous un nom d'emprunt, sa famille ne connaissant pas tous les détails de son calvaire. "J'ai vu des gardes torturer des prisonniers devant d'autres détenus et leur électrocuter les testicules comme si c'était un spectacle, raconte le militant par téléphone. Le surveillant qui m'a inoculé le VIH l'a transmis aussi à d'autres personnes. On voulait que je sois malade et que je meure. Les prisons sous Moubarak puis pendant la révolution, c'était difficile, mais il y avait des limites. Sous le régime de Sissi, c'est un vrai cauchemar."

Lundi, soit dix ans jour pour jour après le début du mouvement de la place Tahrir, le 25 janvier 2011, auquel Majed a participé, Amnesty International publiera un rapport de 74 pages mettant en lumière ce type de "conditions de détention cruelles et inhumaines". Le document, auquel le JDD a eu accès en avant-première, est intitulé "'Qu'est-ce que j'en ai à faire si vous mourrez?' Négligence et déni des soins de santé dans les prisons égyptiennes". L'ONG a documenté entre février et novembre 2020 le cas de 67 prisonniers ou ex-prisonniers - dont 12 sont morts en détention ou peu après leur libération - dans 16 prisons réparties à traver...


Lire la suite sur LeJDD