Tommy Recco, le plus ancien détenu de France, pourrait sortir ce mardi

Esther Paolini
·3 min de lecture

Il a été condamné en 1983 à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de six personnes, dont une fille de 11 ans. Il a fait une nouvelle demande de remise en liberté, pour raison de santé.

"Je suis à 100% innocent, comme le Christ!" Trente-sept ans après, les mots de "Tommy" Recco, condamné par la cour d'assises du Var à la réclusion criminelle à perpétuité pour le meurtre de six personnes entre décembre 1979 et janvier 1980, résonneront dans la cour d'appel de Bastia. Elle doit rendre son délibéré ce mardi sur la nouvelle demande de remise en liberté formulée par le plus ancien détenu de France. À 86 ans, Joseph-Thomas Recco espère enfin quitter sa cellule de la prison de Borgo (Haute-Corse), au grand dam des familles des victimes.

"Il a fait de sa vie un mémorial"

Celui que la presse a rapidement surnommé Geronimo en référence à sa longue chevelure fait parler de lui dans les années 1960, lorsqu'il tue son parrain dans la région de Propriano (Corse-du-Sud) dont il est originaire, pour une querelle de braconnage. Il est condamné à la perpétuité pour meurtre mais obtient, grâce à sa bonne conduite, une libération conditionnelle en 1977.

Deux ans plus tard, Tommy Recco récidive en tuant lors d'un braquage trois vendeuses d'une supérette Mammouth à Béziers (Hérault). Parmi elles se trouve Sylvette Maurel, 27 ans. Son mari, Guy Maurel "n'a jamais refait sa vie", explique à BFMTV.com son avocate Me Linda Piperi. "Il a fait de sa vie un mémorial, c'est son combat."

Geronimo file entre les mains de la police. Il tue, avec la même arme à feu, un Smith & Wesson calibre 38, trois nouvelles personnes à Carqueiranne (Var), dont une petite fille de 11 ans, avant d'être enfin interpellé. Après avoir dans un premier temps livré des aveux en garde à vue, le Corse continuera toute sa vie de clamer son innocence. L'absence d'alibi, le témoignage d'un client du supermarché et les expertises balistiques conduisent la Cour d'assises du Var à le déclarer coupable.

Depuis, Tommy Recco n'a jamais changé de position, assurant être victime d'une "abominable machination", malgré des "excuses en demi-teinte" adressées dans une lettre à Guy Maurel, selon les mots de son avocat Maître Alain Lhote,

"Sa peine a-t-elle encore un sens?"

Depuis le centre pénitentiaire de Borgo où il est détenu, le Corse consacre ses journées à lire des ouvrages religieux. "Un mysticisme à la mode chez les détenus corses", observe Me Lhote auprès de BFMTV.com. L'octogénaire demande à la Cour d'appel de Bastia une suspension de peine pour des raisons de santé, ayant notamment des problèmes cardiaques et un mélanome de la peau.

À l'inverse de grands criminels comme Patrick Henry ou Jean-Claude Romand, qui ont tout deux bénéficié d'une libération conditionnelle, lui "n'a pas fait un pas sur le chemin de la vérité", reconnaît son avocat. Mais il interroge: "À son âge, et après avoir passé près de soixante ans en prison, sa peine a-t-elle encore un sens ?"

"Aucune expertise n'a pu assurer avec certitude qu'il ne représentait plus aucun danger, rétorque Me Piperi. "Son mépris et son manque d'empathie pour les victimes sont ancrés dans le temps", ajoute-t-elle.

S'il quitte un jour les murs de sa prison, Tommy Recco aspire à rejoindre son épouse, résidant à Pietracorbara, dans le Cap Corse. "Il a plus grand monde à l'extérieur", constate son avocat. Le fils de "Tommy" a fait savoir à Ouest-France

Article original publié sur BFMTV.com

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