Tombes juives profanées : gardes à vue prolongées pour les cinq mineurs

Les gardes à vue des cinq mineurs, âgés de 15 à 17 ans, soupçonnés d'avoir saccagé le cimetière juif de Sarre-Union (Bas-Rhin) ont toutes été prolongées mardi de 24 heures.

Les enquêteurs cherchent toujours à définir leurs motivations. Lundi, le procureur de Saverne, Philippe Vannier, a précisé que les suspects  étaient tous originaires de la région, et qu'ils n'ont pas d'antécédents judiciaires. Il a également expliqué que l'un d'entre eux s'était dénoncé ce lundi matin auprès des gendarmes.

"Le seul dont l'audition m'a été transmise se défend de tout antisémitisme et dit qu'ils se seraient rendu compte de ce que certaines des tombes étaient juives au moment de les saccager. Il semble qu'ils considéraient le cimetière comme étant abandonné", a-t-il ajouté.


Une dimension nationale

François Hollande est arrivé à Sarre-Union (Bas-Rhin) pour visiter le cimetière juif profané et assister à une prière des morts en signe de soutien à la communauté juive française. Le chef de l’Etat est venu accompagné des présidents du Sénat et de l'Assemblée nationale Gérard Larcher (UMP) et Claude Bartolone (PS) ainsi que du ministre de l’Intérieure Bernard Cazeneuve, donnant à ce déplacement une dimension nationale.

 


François Hollande appelle à un sursaut

En déplacement lundi en Seine-et-Marne, François Hollande avait appelé la communauté nationale à un "sursaut" face à l’antisémitisme en France.

Manuel Valls promet la plus grande fermeté

Un peu plus tôt, Manuel Valls avait également vivement réagi, sur RTL : "la République doit être impitoyable", a déclaré le Premier ministre, ajoutant : "ce sont les fondations mêmes de notre République, de notre société et de notre civilisation qui ont été attaquées, réagit Manuel Valls. Ceux ont fait cela vont savoir qu'on ne trouble pas impunément le sommeil des morts", a également affirmé le chef du gouvernement.

Rappel de faits

Dimanche 15 février, vers 17h, les gendarmes ont été avertis que quelque 300 tombes avaient été vandalisées dans ce cimetière juif qui en compte environ 400.

Indignation générale

Sur les réseaux sociaux, les messages d’indignation et de condamnation se sont rapidement diffusés.




Tombes juives profanées : l'indignation générale

 

Tombes juives profanées : l'indignation générale

 

Tombes juives profanées : l'indignation générale

Une hausse préoccupante de l’antisémitisme

Le nombre d'actes antisémites a doublé en France en 2014 par rapport à l'année précédente, avec une hausse des violences plus marquée encore que celle des injures. Selon le Service de protection de la communauté juive (SPCJ), organisme communautaire travaillant en lien avec le ministère de l'Intérieur, 851 actes antisémites (actions et menaces) ont été recensés l'an dernier, contre 423 en 2013, soit une hausse de 101%, atteignant un plus haut depuis 2004 (974 actes).

"La place des Français juifs, c'est la France"

Dimanche soir, réagissant aux attentats de Copenhague, le premier ministre israélien a de nouveau appelé les juifs d'Europe à rejoindre Israël pour des raisons de sécurité, une déclaration mal accueillie par Manuel Valls : "Je regrette (...) les propos du Premier ministre Netanyahu. Quand on est en campagne électorale, ça ne veut pas dire s'autoriser à n'importe quelle déclaration", a dit le chef du gouvernement français. "La place des Français juifs, c'est la France." "Mon message aux Français juifs est le suivant", a-t-il poursuivi. "La France est blessée comme vous et la France ne veut pas votre départ. La France vous dit une nouvelle fois son amour, son soutien, sa solidarité. Cet amour est bien plus fort que les actes de haine, fussent-ils répétés.", a insisté le Premier ministre.