Tom Rapp : mort d'un héros très discret de l'underground

Libération.fr
Tom Rapp, en juillet 1998.

L'ancien leader du groupe de folk psychédélique Pearls Before Swine, auteur d'une poignée de chefs-d'œuvre à la fin des années 60, vient de s'éteindre à l'âge de 71 ans.

Beaucoup sont rentrés dans l’œuvre de Tom Rapp par les pochettes de ses disques : des peintures iconiques de Millais, Bellini ou Bosch qui faisaient illico sauter aux yeux les albums de Pearls Before Swine, le groupe qu’il fonda en 1965 à Eau Gallie, en Floride, et leur conféraient une aura grave et sacrée, unique même dans l’histoire du folk.

Les autres n’ont pas pu faire autrement que de tomber amoureux de sa voix qui, elle, saute aux oreilles pour s’y installer à tout jamais, malgré un étonnant chuintement. Plus proche de celles de chanteuses comme Judy Collins ou Joni Mitchell que de la plupart des héros folk de la fin des années 60 Bob Dylan y compris – quand bien même ce dernier fut celui qui donna à Rapp envie de se mettre à chanter –, la seule à l’égaler en douceur et en résolution était celle de Leonard Cohen lui-même, dont Pearls Before Swine reprenait le célèbre Suzanne sur Balaklava.  


Sortie en 1968 et parée d’une reproduction du Triomphe de la mort de Pieter Brueghel l’Ancien, cette somme antimilitariste bardée de bruitages étranges, de citations d’Hérodote et d’éclairs poétiques baroques, reste comme l’un des chefs-d’œuvre de l’underground folk américain, tragiquement méconnu presque tout le temps mais qui n’a cessé d’essaimer dans le rock des années 1980 (au sein de la scène industrielle), 1990 (chez les indie rockers américains) et 2000 (la renaissance freak folk).

La signature du groupe sur le label new-yorkais ESP-Disk, emblème de la musique libertaire des Fugs jusqu’au free-jazz de Sun Ra, a bien sûr joué son rôle dans la sanctification de Pearls Before Swine en objet culte de la contre-culture. En pleine explosion psychédélique – dont la plupart des groupes étaient originaires de Californie –, le groupe, avec son nom biblique (tiré de l’Evangile selon saint (...)

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