Tokyo avait déjà dû reporter les JO en 1940

AFP
La flamme olympique des JO de Tokyo exposée lors d'une cérémonie publique dans la ville de Fukushima, au Japon, le 24 mars 2020.

JEUX OLYMPIQUES - Tokyo connaît-elle une malédiction des anneaux? Plus de quatre-vingts ans avant l’épidémie de nouveau coronavirus ayant conduit ce mardi 24 mars au report d’environ un an des JO-2020, la capitale nippone avait dû renoncer à accueillir l’édition 1940.

À l’époque c’est la politique expansionniste du Japon en Chine qui avait conduit à annuler les JO de Tokyo et à les accorder à Helsinki. Les Jeux de 1940 n’ont finalement jamais eu lieu, en raison du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.

Au début des années 1930, les autorités nippones avaient présenté la candidature de Tokyo comme un moyen de montrer sa reconstruction après le grand séisme du Kanto de 1923, extrêmement meurtrier, rappelle David Goldblatt dans “The Games” (Les Jeux), un ouvrage sur l’histoire des JO de l’ère moderne.

Sur ce point, le parallèle est troublant avec les Jeux de Tokyo 2020, surnommés les “Jeux de la reconstruction” par un gouvernement nippon désireux de montrer au monde les capacités de résilience de l’archipel neuf ans après le séisme, le tsunami et la catastrophe nucléaire de Fukushima.

La candidature de Tokyo pour 1940 avait été orchestrée par Jigoro Kano (1860-1938), le fondateur du judo moderne et premier membre japonais du Comité international olympique (CIO), qui avait alors insisté sur l’importance d’apporter les Jeux en Asie pour la première fois.

“Les Jeux olympiques doivent venir naturellement au Japon. Si ce n’est pas le cas, la raison en sera forcément injuste”, avait plaidé Jigoro Kano devant le CIO.

Moyen diplomatique

Le Japon tenait d’autant plus à organiser les JO de 1940 que cette année-là coïncidait avec les 2600 ans de l’intronisation de son premier empereur mythique, Jinmu.

Tokyo lance officiellement sa candidature en 1932 et se retrouve en compétition face à Rome et Helsinki. 

Le Japon déclenche alors une intense campagne de lobbying, parvenant à rallier à sa cause le dictateur italien Benito Mussolini, en échange d’une promesse de soutenir la...

Retrouvez cet article sur le Huffington Post