Tokyo 2021 : Laurent Chardard, le nageur français qui a survécu à une attaque de requin

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Le Français Laurent Chardard a participé lundi à sa première finale aux Jeux paralympiques de Tokyo sur le 50 m papillon. Cinq ans après avoir perdu un bras et une jambe dans une attaque de requin, le sport l'a aidé à se remettre debout.

Laurent Chardard est entré dans le grand bain, lundi 30 août aux Jeux paralympiques de Tokyo. Le nageur français âgé de 26 ans s'est hissé jusqu'en finale du 50 m papillon (S6) où il a terminé au pied du podium à la quatrième place.

Cela ne fait pourtant que quelques années que le sportif a découvert le monde du handisport. Il y a cinq ans, il a failli perdre la vie lors d'une terrible attaque de requin. Étudiant ingénieur, originaire de la Réunion, il est en vacances chez lui en août 2016 lorsque le drame se produit. Le jeune homme est alors en train de faire du bodyboard, à Boucan Canot, au nord-ouest de l'île. "Je me suis fait attaquer par un requin", a-t-il raconté à Franceinfo. "Je ne l'ai pas vu s'en prendre à moi, juste une masse grise-marron, typique du requin bouledogue, arriver d'en dessous. J'ai la chance de me souvenir de tout mon accident et je sais que j'ai fait les bons choix donc je ne me pose pas mille questions sur ce qui s'est passé."

Des dispositifs anti-requin avaient pourtant été installés, mais l'animal arrive à passer par-dessus le filet. Dans ce face à face, Laurent Chardard arrive à garder ses esprits et se bat pour survivre : "Au moment de l'attaque, le requin m'a pris le bras droit et m'a tiré vers le fond. J'ai riposté en le tapant avec ma main gauche, ce qui m'a coûté mon pouce. On dit qu'il faut taper dans les branchies mais je ne sais pas du tout où je l'ai touché,

"L'important est d'accepter les choses"

Les secours arrivent rapidement. Le jeune surfeur est en vie, mais son bras droit et sa cheville droite ont été arrachés. Il doit désormais apprendre à vivre sans. De longs mois de rééducation l'attendent. Passionné par l'océan, Laurent Chardard se tourne tout naturellement vers l'eau. "J'ai continué le sport pour justement me remettre debout et cela m'a beaucoup aidé. J'en suis venu à la natation comme j'étais très aquatique", a-t-il confié au site Natation handisport.

La nage lui permet de trouver un apaisement et de garder cette sérénité qui le caractérise. "Après mon accident, j’aurais très bien pu rester dans une phase de plainte et me lamenter. J’ai perdu un bras et une jambe, je suis handicapé, ma vie ne sera jamais plus comme avant. C’est une réalité. Je ne souhaite pas être défini par cet handicap", a-t-il résumé dans une interview pour Views. "L’important est d’accepter les choses, les situations difficiles. Il faut tenter de s’en servir pour continuer d’avancer". Le succès est rapidement au rendez-vous. Laurent Chardard se qualifie pour les Mondiaux, trois ans après son accident, en 2019 et décroche un titre de vice-champion du monde sur 50 m papillon. Il a également récemment participé à une compétition à distance avec les huit meilleurs nageurs valides de la planète.

Désormais surnommé "Baby Shark" par ses partenaires d'entraînement, le nageur ne se met pas la pression. Pour lui, l'important est surtout d'être présent au Japon. "Je vais à Tokyo pour prendre un maximum de plaisir, ce n'est pas tous les jours qu'on a la chance d'aller au Japon. Évidemment je vais tout donner, mais peu importe la médaille, la place... Si déjà je parviens à améliorer mes meilleurs temps je serai content", avait-il confié avant de partir pour les Jeux paralympiques.

Après avoir concouru sur le 50 m papillon, Laurent Chardard sera aligné mercredi sur le 100 m nage libre, puis vendredi sur le 100 m dos.

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