Todd Haynes, jeux d’artifices

Libération.fr

Jonglant avec les images et les références, «le Musée des merveilles» conte, à cinquante ans d’intervalle, les histoires de deux enfants sourds à la recherche de proches. Une plongée émouvante au cœur d’un New York entre réalité et fantasme.

Depuis ses premiers courts métrages (Assassins, 1985, portrait éclaté d’Arthur Rimbaud, et Superstar, 1988, la vie de la chanteuse Karen Carpenter racontée avec des poupées Barbie), Todd Haynes s’est toujours inspiré d’esthétiques préexistantes en se passionnant pour des personnages se débattant ou s’épanouissant dans des images : conventions et décorum imposés à des femmes qui tentent de faire craquer le vernis des apparences sous lequel elles étouffent (Safe, 1995 ; Loin du paradis, 2002 ; Carol, 2015) ou simulacres et masques par lesquels des artistes se réinventent, se diffractent (Velvet Goldmine, 1998 ; I’m Not There, 2007).

Le Musée des merveilles, adaptation d’un roman graphique de Brian Selznick (Black Out), pourrait quant à lui être résumé ainsi : à cinquante ans de distance (en 1927 et 1977), deux enfants sourds (Rose et Ben) fuguent pour aller retrouver à New York un parent absent et leur périple consiste à confronter cette expérience à des rêves et des représentations (films, photos, dessins, diorama), c’est-à-dire à accéder à la réalité à travers des images ; et inversement, puisque chez Haynes la réalité n’est souvent que l’interface entre les images, le lieu où elles se retournent, se redistribuent, s’échangent.

L’art de Todd Haynes (lire ci-contre) consiste donc d’abord à accumuler des références, des citations, des collages qui forment le monde imagé dans lequel évoluent ses personnages. Ainsi, dans le Musée des merveilles, la petite fille sourde de 1927 est projetée dans un film muet, tandis que le petit garçon de 1977 se perd dans un New York tout droit sorti d’un film de la Blaxploitation. Dans la première moitié, les reconstitutions sont parfois impressionnantes (les scènes de rue, notamment) mais leur aspect (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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