Titane : le film trash (et vain) qui secoue Cannes

·Journaliste ciné
·2 min de lecture
Copyright : Carole Bethuel / Diaphana
Copyright : Carole Bethuel / Diaphana

Le second film de Julia Ducournau, la réalisatrice de Grave, était annoncé comme le choc possible du Festival de Cannes où il a été présenté en compétition. Mais derrière l’ultraviolence, le sexe et la culture freaks de ce film déjà en salles (et interdit aux moins de 16 ans), rien ne se passe.

Une histoire d’amour et de carrosserie

Gamine, Alexia a eu un accident de voiture : une plaque de titane a été greffée dans son cerveau. Elle en ressort un brin perturbée : devenue adulte, elle se frotte sur des bagnoles lors d’expositions automobiles, devient serial-killeuse, et fait l’amour à un levier de vitesse (au sens propre). Résultat : elle tombe enceinte de sa bagnole (oui oui) et, recherchée par les autorités, trouve refuge chez un pompier en se faisant passer pour son fils disparu.

Torture, mutilation et massacres

La première partie du film est un véritable défouloir destiné à nous faire comprendre, sans subtilité aucune, combien le corps de la femme subit de violences et d’injonctions et combien elle doit en reprendre possession. Un enjeu essentiel mais l’artillerie déployée est bien trop lourde pour convaincre. Pompant joyeusement David Cronenberg et John Carpenter (Crash et Christine par exemple), Julia Ducournau enfile les scènes embarrassantes, gratuites et malaisantes : son héroïne, enceinte, s’enfonce longuement une baguette à cheveux dans l’utérus pour provoquer une fausse couche, s’explose volontairement le nez contre un lavabo, tue un mec en lui enfonçant un pied de tabouret dans la gorge (référence phallique bien sur et critique de la domination masculine), presse ses seins pour faire couler le sang maternel (couleur mazout, comme celui qui s’échappe de son entrejambe)… L’expérience est franchement désagréable à regarder et s’approche davantage de l’esbroufe et de l’épate-bourgeois qu’au discours politico-féministe.

Vincent Lindon en roue libre

Mais qu’est-il venu faire dans cette galère ? Se frotter à un genre inédit dans sa filmographie ? Bousculer son image ? Quoi qu’il en soit, le résultat est gênant : dès la première scène, où l’émotion est supposée naitre de ses retrouvailles avec ce « fils disparu », l’acteur est à coté de la plaque. Tout est surjoué, outrageusement, qu’il chante la Macarena pour réanimer un mort, qu’il danse dans son salon ou qu’il pique son corps bodybuildé que la cinéaste fait souffrir pour questionner la masculinité et la virilité, avec cette fois encore la finesse d’un cinq tonnes, semblable à celui avec lequel son héroïne s’offrira une dernière partie de plaisir.

On avait adoré Grave, son audace visuelle, son humour, son questionnement du corps. On reste de marbre devant l’exaspérant Titane malgré la maitrise indéniable de la mise en scène.

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