"Titane" choque certains spectateurs sur la Croisette

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La Croisette a passé son trash test: Titane, film furieux et parfois gore avec l'acteur français Vincent Lindon, à base d'hybridation femme/machine, d'amour pour les voitures et de quête de paternité, a fait exploser le niveau d'hémoglobine en compétition. Des pompiers étaient présents en marge de la projection, pour intervenir en cas de malaises dans la salle, selon les journalistes de BFMTV, présents sur la Croisette. Si le film a choqué quelques spectateurs, il a été longuement applaudi après sa projection mardi soir au Grand Théâtre Lumière.

Ce long métrage qui remue est signé Julia Ducournau, 37 ans, la benjamine des 24 cinéastes en lice, au sourire aussi doux que son film est violent. Il s'ouvre par un accident de voiture dont est victime le personnage principal, Alexia, dans son enfance. Son père est au volant, elle manque de mourir et ne doit sa survie qu'à une plaque de titane qu'on lui insère dans le cerveau et qui se devine au-dessus de son oreille.

Entre "Crash" et "Basic Instinct"

On la retrouve jeune adulte, jouée par une actrice débutante mais bluffante, Agathe Rousselle. La jeune fille fait littéralement l'amour avec des voitures, hommage à Crash de David Cronenberg, et tue des hommes, façon Sharon Stone dans Basic Instinct mais au pic à cheveux. Son corps est comme hanté par une masse de métal qui grandit dans son ventre tandis qu'elle sue et saigne de l'huile de moteur.

En fuite après ces meurtres, Agathe Rousselle, fera la connaissance de Vincent (Vincent Lindon), pompier qui entre deux piqûres de testostérone dans la fesse pleure son fils disparu enfant. Il peut lui offrir un refuge, elle peut réparer sa perte: sur une "terre brûlée", un "amour inconditionnel" va naître, explique à l'AFP la réalisatrice qui joue volontiers avec l'esthétique viriliste des pompiers ou du tuning.

https://www.youtube.com/embed/4Tr1Dqinu7U?rel=0"Un de mes buts a toujours été d'amener le cinéma de genre ou des films 'ovniesques' dans des festivals généralistes pour arrêter d'ostraciser un pan de la production française", ajoute Julia Ducournau. "Le genre permet aussi de parler de l'individu et très profondément de nos peurs et de nos désirs".

Adoubée par Night Shyamalan

La réalisatrice avait déjà laissé un souvenir mémorable à Cannes avec son premier long-métrage, Grave, une histoire brute de décoffrage d'étudiante en médecine vétérinaire qui devient cannibale, qui lui permettait de devenir la cheffe de file d'un renouveau du film de genre tricolore. De l'autre côté de l'Atlantique, la réalisatrice a été adoubée par un maître de l'épouvante, Night Shyamalan, qui lui a confié la réalisation de deux épisodes de sa série Servant et a déclaré ensuite qu'elle avait "tout déchiré".

En terme de sensations fortes, le film réveille en tout cas une compétition jusqu'à présent assez sage. C'est finalement peut-être à l'aune de son compatriote Gaspard Noé qu'il faut juger Julia Ducournau sur le "trash-o-mètre" cannois. En 2002, celui qui allait devenir l'enfant terrible du cinéma français, était lui aussi un trentenaire présentant son deuxième film, Irréversible en Compétition.

Une projection que le Palais des Festivals n'oubliera jamais: une vingtaine de personnes avaient été victimes d'évanouissements ou de crises de nerfs, certaines évacuées et prises en charge médicalement et plus de 200 spectateurs avaient préféré quitter la salle avant la fin.

Rien de tel pendant la projection du film de Ducournau. Et Gaspard Noé est lui aussi de retour à Cannes, mais en mode assagi, dans la section Cannes Première, avec un film sur la décrépitude d'un couple âgé.

Article original publié sur BFMTV.com

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