Tirs simulés sur Macron et des Insoumis: le procès des sympathisants de Zemmour renvoyé à février

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Eric Zemmour, candidat à la présidentielle, lors d'un meeting de campagne, le 5 décembre 2021 à Villepinte, près de Paris  - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP
Eric Zemmour, candidat à la présidentielle, lors d'un meeting de campagne, le 5 décembre 2021 à Villepinte, près de Paris - JULIEN DE ROSA © 2019 AFP

Le procès de deux sympathisants d'Éric Zemmour, auteurs de vidéos dans lesquelles ils s'entraînent au tir et imaginent prendre pour cible Emmanuel Macron et des élus Insoumis, a été renvoyé au 2 février prochain.

Les deux hommes, un militaire de l'armée de terre de 21 ans et un cuisinier intérimaire de 30 ans, devaient être jugés mercredi en comparution immédiate au tribunal judiciaire de Paris. Mais le tribunal a accepté de renvoyer l'affaire, notamment pour permettre le visionnage des vidéos à l'audience, impossible ce mercredi. Le procès se tiendra devant la 17e chambre du tribunal de Paris.

D'ici là, les deux hommes ont été placés sous contrôle judiciaire, avec pour interdiction d'entrer en contact l'un avec l'autre et avec les victimes, de manier des armes ou de fréquenter des stands de tirs. Ils se sont aussi vus imposer des restrictions de déplacement.

Des tirs sur Macron, des Insoumis ou des "gauchistes"

Les vidéos en cause, révélées sur Twitter par la Jeune garde, un groupe antifasciste, et par Mediapart, montrent un homme arborant une casquette "Ben voyons", un tic de langage d'Éric Zemmour érigé en slogan par ses fans, s'exercer avec un fusil à lunette.

"Ben voyons les amis, on va éclater qui là ? Du jeune gaucho, du jeune communiste, du jeune bougnoule mental", s'esclaffe le jeune homme, avant d'ouvrir le feu. Fusil en joue, il mime ensuite la surprise - "Ah, Emmanuel Macron !" - et décoche un second tir.

Dans une autre vidéo tournée au même endroit, un autre jeune homme prend pour cible l'ancienne porte-parole de la France insoumise Raquel Garrido. Fusil en main, il explique "s'entraîner à chasser du Garrido sauvage" avant de faire feu, puis de tirer une seconde fois en évoquant son compagnon, le député LFI Alexis Corbière.

Dans la même séquence, l'homme s'imagine ouvertement tirer sur "des antifas et des gauchistes", ainsi que sur des personnes d'origine maghrébine. "Il y a des drapeaux algériens et marocains, j'ai vu là-bas, donc on va s'empresser de tirer", lâche-t-il.

Des excuses prononcées

Une enquête avait été ouverte le 22 décembre par le Pôle national de lutte contre la haine en ligne (PNLH) pour "menaces de mort et provocation à la haine raciale" et confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP). Alexis Corbière et Raquel Garrido avaient déposé plainte.

Lors de l'audience mercredi, le cuisinier intérimaire a mis en avant ses origines marocaines et assuré avoir fait de l'"humour noir". Il a présenté ses "plates excuses" à Raquel Garrido, présente dans la salle, reconnaissant avoir "mal agi". "Ça me donne une leçon, on ne doit pas rigoler de tout", a-t-il affirmé.

"La vidéo était censée rester privée entre nous", a ajouté de son côté le militaire, "on ne voulait pas que ça tombe dans les oreilles de victimes".

Dans un communiqué publié le 22 décembre, Éric Zemmour avait "condamné" ces vidéos.

Article original publié sur BFMTV.com

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