Tirailleurs : « Donner une place à cette histoire méconnue ! »

Propos recueillis par Hassina Mechaï
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Dans « Frères de l'ombre », Nadia Hathroubi-Safsaf réveille la mémoire des tirailleurs sénégalais.
Dans « Frères de l'ombre », Nadia Hathroubi-Safsaf réveille la mémoire des tirailleurs sénégalais.

Issa, Ousmane, Djibril. Trois générations et trois voix que la journaliste et autrice Nadia Hathroubi-Safsaf fait entendre dans son nouveau roman Frères de l'ombre*. 1917, Issa doit être fusillé pour l'exemple. Officiellement, il aurait tenté de déserter. Mais le soldat, aux faits d'armes déjà reconnus, a eu surtout à pâtir de l'absurde toute-puissance d'un gradé raciste. Au Sénégal, son épouse élèvera seule son fils, Ousmane. Ce dernier, à qui on a dit que son père serait mort dans le naufrage du paquebot L'Afrique, grandit dans la mémoire glorieuse d'un père héros. Mais des zones d'ombre persistent et il décide à son tour de s'engager alors que l'Europe s'apprête à connaître à nouveau une déflagration. Des années plus tard, nous retrouvons Ousmane et son petit-fils Djibril en France. Ousmane tente toujours de résoudre le mystère entourant le décès d'Issa, une quête obstinée que Djibril reprendra à son compte.

Frères de l'ombre est le cinquième ouvrage et le deuxième roman de la journaliste Nadia Hathroubi-Safsaf. © Éditions Zellige

À travers un entre-lac de trois récits, Nadia Hathroubi-Safsaf tisse un récit empreint d'humanité, faisant entendre des parcours de vie oubliés qui se mêlent à la Grande Histoire. L'histoire « avec sa grande hache », comme le disait l'écrivain Georges Perec. Celle qui a pu abattre des branches entières de récits, des fusillés du chemin des Dames aux troupes de sacrifiés, celle des appelés de l'Empire, des petites résistances [...] Lire la suite