Tim Bernardes, recommencer le Brésil

Libération.fr

Le natif de São Paulo entremêle dans son premier album déception amoureuse et doute politique.

«Elle s’habille bien, mais pour personne. Elle pleure dans les toilettes, fait semblant devant les amies, mais je vois bien, je vois bien.» Si l’un des grands morceaux de son premier album ne parle pas de lui, mais d’elle (Ela), Tim Bernardes se devine derrière chaque note du magistral Recomeçar. A 26 ans, ce natif de São Paulo signe son premier solo, un disque d’enchantement écrit sur une histoire triste. Comme un concentré de quarante ans de musiques brésiliennes, chargé de cordes, cuivres et bois, ce récit aigre-doux d’une rupture prend la forme d’un arc narratif et sonore. Au centre de l’album, ces mots de non-retour : «Je ne serai plus ton ami. J’aimerais, mais je n’y arrive pas. J’ai fait de mon mieux, mais je ne peux plus. Aujourd’hui je suis mort au dedans.» (Nao), jusqu’à la libération par l’ultime Recomeçar qui donne son nom au disque.

On bloque sur ce titre d’abord, tout indiqué pour l’objet circulaire et répétitif. La musique comme une façon de se recommencer toujours, et dire à la fois le malaise intime et collectif ? Depuis Ecoute moi camarade de Mazouni (et tant d’autres chansons à double étage) on sait combien le parallèle entre déception amoureuse et doute politique est fertile. Joint au Brésil, Martim Bernardes Pereira (pour l’état civil) n’esquive pas : «Quand j’ai écrit je ne pensais pas à cela, mais au moment de l’enregistrer, tout était synchrone, comme une fin de cycle. De l’adolescence aux responsabilités de la vie adulte, des questions sociales à la politique entière du pays. On traverse encore une période étrange au Brésil. De désillusion. On comprend que beaucoup de choses dont on rêvait ne s’accompliront peut-être jamais. Le radicalisme et la rage qui en sont sorti plus tard ont rétréci, presque effacé la possibilité du dialogue. Alors oui, cet album se trouve là, après l’ouragan et pas encore au début de ce qui vient.» Plein de doutes sur les (...) Lire la suite sur Liberation.fr

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