Tierno Monénembo – Guinée, un enfer pour les femmes

En 2015, ce fut l'une des premières fois que les ONG et les acteurs de la société civile ont affiché leur ras le bol des viols et autres violences exercées contre les femmes.  - Credit:CELLOU BINANI / AFP
En 2015, ce fut l'une des premières fois que les ONG et les acteurs de la société civile ont affiché leur ras le bol des viols et autres violences exercées contre les femmes. - Credit:CELLOU BINANI / AFP

Chez moi, le mot pays se conjugue au féminin. « Guinée » signifie « femme » en langue nationale soussou. Cela pourrait faire croire qu'il s'agit là du paradis réservé à celle-ci. Il n'en est rien, hélas ! Si l'on en croit les organismes spécialisés, ce serait plutôt son enfer. La Guinée détient le deuxième taux d'excision du monde (96 %) immédiatement après la Somalie où celui-ci avoisine les 100 %. La polygamie, les mariages précoces et les mariages forcés y sont encore la norme. C'est la société patriarcale portée à son plus haut degré. Et la coutume l'emportant presque toujours sur la loi, la fillette, jusqu'à sa mort, est confrontée à la possibilité de violences de toutes sortes, de violences sans limites.

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Hausse des violences faites aux femmes

Une enquête officielle menée en 2009 montre que, question misogynie, mon pays ne bat pas des records que sur le chapitre des mutilations génitales. Le mariage précoce y est le taux le plus élevé de l'Afrique de l'Ouest : 3 filles sur 5 sont contraintes de se mettre la corde au cou avant leurs 17 ans. Qu'elles passent devant le maire ou qu'elles vivent en union libre, 85 % des Guinéennes subissent des violences conjugales. En milieu scolaire, ce taux avoisine 77 %, dont 30 % de violences sexuelles, la majorité concernant des filles de moins de 12 ans.

 - Credit: ©  SEYDOU DIALLO / AFP
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