Tibo InShape se considère "de droite" et affirme qu'il accepterait d'être ministre des Sports

Le premier youtubeur de France confie dans un entretien être "de droite", "mais humain avant tout". Il assure aussi qu'il serait prêt à accepter une nomination comme ministre des Sports, sans que le bord politique du gouvernement dont il pourrait faire partie ne le "bloque".

Le premier youtubeur de France assume être "de droite". Dans un long entretien au média Brut, le youtubeur spécialisé sport Tibo InShape, suivi par plus de 20 millions de personnes, évoque son positionnement politique et sa perception des élections législatives, après avoir appelé "à voter", sans prendre position pour un camp en particulier.

"En toute honnêteté, je pense être plus de droite", assure le trentenaire.

"Déjà, je suis chef d'entreprise donc forcément, moi, dans l'isoloir, je pense à mon intérêt propre et celui de mes proches, donc effectivement je peux me considérer plus de droite oui (...) mais humain avant tout!", développe-t-il.

Il récuse au passage plusieurs accusations à son encontre: "Je sais que je suis pas raciste, je sais que je suis pas homophobe, je sais que je suis pas tout ce qui finit en '-phobe' mais c'est vrai que les gens aiment bien me mettre cette image-là", déplore-t-il.

Il aimerait d'ailleurs pouvoir promouvoir le sport et ses bienfaits à autant de personnes possibles. À la question de savoir s'il accepterait à ce compte-là de devenir ministre des Sports, il répond "oui", se disant par ailleurs "pas bloqué" sur l'orientation politique du gouvernement qu'il envisagerait intégrer. "Le sport m'a tellement aidé personnellement (...) que j'ai envie de conseiller les gens fortement à faire du sport", argue-t-il.

"Que ce soit extrême gauche, extrême droite, à conditions que je sois pas bloqué dans mes prises de décisions (...), je ne suis pas bloqué par rapport à ça", assure-t-il.

Sur la possibilité de prendre un tel poste dans un gouvernement de Jordan Bardella ou avec Marine Le Pen, le vidéaste répond: "C'est une très bonne question, on en reparlera. C'est pas prévu pour l'instant".

Il précise toutefois qu'il y aurait des risques pour lui à s'engager en politique et qu'il "risquerait de (se) faire plus d'ennemis que des amis". Il juge aussi qu'il n'aurait "aucun intérêt" à le faire en matière de "business".

Le vidéaste reconnaît aussi qu'il à du mal à "penser à la globalité" de la population, notamment lorsqu'il vote, et explique son ordre de priorités au moment de passer dans l'isoloir: "On pense à soi, on pense aussi à ses proches et après on pense autres".

Loin des hypothèses de carrière politique, le jeune homme revient aussi sur la lettre ouverte qu'il a publiée sur son compte X (anciennement Twitter), dans laquelle il appelle à voter en général mais pas pour un camp en particulier. "Vous êtes en âge de faire votre propre choix", justifiait-il notamment.

"Je trouve ça cool qu'on ait chacun, même dans les partis, dans les familles, des avis différents (...): chacun discute, des idées de droite, des idées de gauche, extrême gauche, extrême droite, on mélange tout ça, on fait un package et les politiciens essaient de faire un truc correct", poursuit-il dans l'entretien avec Brut.

Certains internautes ont critiqué le fait qu'il ne se positionne pas clairement, à l'instar du désormais deuxième youtubeur de France Squeezie, qui a appelé à voter "contre l'extrême droite" dans un long message argumenté.

"J'étais pas forcément d'accord avec lui, après encore une fois il a le droit d'avoir son avis. (...) La lettre était très bien écrite, on sent qu'il s'est fait aider pour l'écrire et je comprends, c'est tellement un sujet compliqué".

"On est créateurs de contenus, on est pas censés être politisés, même si certains pourraient dire que le rôle d'influenceur est aussi de donner des conseils ou d'orienter. Moi, mon avis, c'est 'chacun fait ce qu'il veut, chacun vote pour le parti qu'il veut'", fait-il encore valoir.

Le premier youtubeur de France évoque comme élément qui peuvent le classer lui dans la partie droite de la sphère politique, son affichage du drapeau français dans sa salle de sport, le fait même qu'il fasse de la musculation, un sport qui a "une image de droite" car en lien avec les valeurs qu'il véhicule ("le travail, l'abnégation, le sacrifice").

Il estime par ailleurs qu'"il y a un problème en France, les gens sont pas assez patriotes".

Il cite à ce titre des attaques reçues pour le grand drapeau français qui trône dans sa salle: "Malheureusement, ou heureusement pour d'autres, l'extrême droite a récupéré le drapeau français et aujourd'hui, il faudrait que l'extrême gauche et la gauche récupèrent le drapeau français pour le remettre au centre".

"Il faut être fier d'être Français mais non, être fier d'être Français ça veut pas dire forcément qu'on appartient à l'extrême droite ou qu'on est raciste", tranche-t-il.

Par le passé, le Youtubeur a participé à plusieurs vidéos avec des personnalités du gouvernement sous Emmanuel Macron et pour présenter avec enthousiasme des institutions comme la police et l'armée, ainsi que le Service national universel (SNU) pour les jeunes.

Selon le vidéaste, ses vidéos en treillis ou en uniforme sont liées à son rêve d'enfant de s'enrôler dans l'armée ou de faire partie des forces de l'ordre: "C'est associé à la droite, voire même l'extrême droite, et pour autant, je suis sûr qu'on va dans n'importe quel commissariat, il y a plein gens qui votent" pour des partis "différents".

Selon une étude du centre de recherche de Science Po Cevipof réalisé en amont de l'élection présidentielle 2022 et citée par L'Humanité, 44 % des policiers s’apprêtaient à voter RN au premier tour, 24 % pour Les Républicains et 20 % pour Emmanuel Macron.

Article original publié sur BFMTV.com