Thylacine: Mozart, l'électro et les Ovni(s)

M. R.
·3 min de lecture
Le musicien Thylacine en février 2021. - Joël Saget - AFP
Le musicien Thylacine en février 2021. - Joël Saget - AFP

Son électro défie toujours l'espace et le temps: Thylacine frotte son univers à Mozart ou Satie avec l'album Timeless et à la science-fiction façon années 1970 avec la B.O. de la série Ovni(s).

Dès qu'Antony Cordier, le réalisateur, lui a parlé du projet Ovni(s) avec Melvil Poupaud - diffusé sur Canal+ - ça a fait "tilt" chez Thylacine, comme il le raconte à l'AFP. "J'ai été chercher tout le matos de l'époque (où se déroule la série), en me mettant comme barrière à ne pas dépasser l'année 1980".

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Sa caverne d'Ali Baba, le jeune homme pas encore trentenaire la trouve en Suisse à Fribourg, entre les murs du Smem, musée qui se veut "premier centre mondial des instruments de musique électronique". Un lieu né du leg colossal - plus de 5.000 pièces - d'un collectionneur, qui, pendant plus de 35 ans, a amassé synthétiseurs, claviers ou orgues.

Debussy, Satie, Mozart, etc.

"Ce sont des mecs très cool, j'ai été là-bas faire deux sessions, de trois-quatre jours, ils m'ont filé les clés, j'ai enregistré plein de maquettes", poursuit le compositeur. Qui, d'ordinaire, est friand de voyages plus lointains, comme ces sons ramenés d'un périple en train en Russie (concept-album et documentaire Transsiberian).

Pour Ovni(s), il lit "le scénario des six premiers épisodes", passe "sur le tournage", reçoit des "images par mail". "Mais je n'aime pas trop bosser à l'image, j'aime bosser sur la globalité, par rapport aux émotions, aux thèmes" développe-t-il.

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Sans oublier que Thylacine bénéficie d'une "énorme liberté" de la part du réalisateur. Les deux hommes s'entendent à merveille depuis que le premier a signé la B.O. du film du second Gaspard va au mariage.

Thylacine trouve ici encore le bon registre, notamment pour le morceau Vera, le seul appelé du nom d'un personnage. Choix qui prend tout son sens à la fin de la première saison. "J'ai eu un coup de coeur pour ce personnage incroyable, l'actrice (Daphné Patakia) est formidable, ce morceau traduit la vision de la vie un peu émerveillée de Vera".

Mix oriental-groovy

Si cette B.O. s'est faite à un moment où Thylacine pouvait se déplacer, ce natif d'Angers a mis le premier confinement à profit pour élaborer auparavant Timeless. Il y plonge son électro dans des partitions de Debussy, Satie, Mozart, etc.

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En surprenant encore, comme sur le titre Satie II où il joue du baglama, "un instrument que j'ai ramené de Turquie", où il avait assemblé un précédent projet, Anatolia.

"Sur Satie II, ce mix entre classique et oriental-groovy a d'ailleurs défini la direction de Timeless: il ne s'agissait pas de faire de la réinterprétation pure mais de faire des rencontres".

Thylacine fait en effet partie de cette génération de musiciens électro - avec Molécule par exemple - "plus rêveurs que raveurs", qui tournent "le dos au dancefloor" et ramènent "un peu de douceur dans le débat", peut-on lire dans la bible Electrorama, 30 ans de musique électronique française (éditions Marabout).

Le clip Sheremetiev, filmé à l'envers, au ralenti, avec ces musiciens et leurs instruments plongés dans l'eau, donne une idée de sa poésie.

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"On a imaginé un groupe de musiciens qui au lieu de (couler) remonteraient à la surface", décrit la réalisatrice Cécile Chabert sur la chaîne Youtube de l'artiste. Comme pour "refuser le fatalisme" environnant, rebondit Thylacine.

Article original publié sur BFMTV.com