Thierry Mandon : « Il manque un mandat populaire pour réformer l’État »

Par Jacques Paugam
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Thierry Mandon, ancien secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, le 27 septembre 2017, à Paris.
Thierry Mandon, ancien secrétaire d'État à la Réforme de l'État et à la Simplification, le 27 septembre 2017, à Paris.

« Nous n'avons point d'État. Nous avons des administrations. » Ainsi parlait Anatole France, écrivain français sous la IIIe République, Prix Nobel de littérature à une époque où l'École nationale d'administration (ENA) n'existait pas encore. Aujourd'hui, l'institution qui formait jusqu'ici les cadres de l'administration fait face au même procès en éloignement et en complexité. Loin du réel, nos hauts fonctionnaires compliqueraient plus qu'ils n'aideraient la bonne marche du pays. Sa suppression au profit d'un Institut du service public annoncée par Emmanuel Macron, jeudi 8 avril, signe un changement d'ère en même temps qu'une petite révolution managériale au sein de la haute fonction publique. Mais pour quoi faire ? Thierry Mandon, secrétaire d'État socialiste à la Réforme de l'État dans le premier gouvernement Valls, acquiesce au changement, mais prévient : l'État, c'est nous.

Le Point : Fallait-il un énarque pour supprimer l'ENA ?

Thierry Mandon : Il fallait un projet plus qu'un homme. Cette vision, ce projet, c'est celui de la transformation de la haute fonction publique dans notre pays. Mais il y a peut-être eu un malentendu sur la nature même de cette ambition du président. En choisissant d'angler sa communication sur la « disparition » de l'ENA, le projet n'est pas porté pour ce qu'il est vraiment : une revue en profondeur de la haute fonction publique, à commencer par les grands corps de l'État? Comparé aux ambitions affichées concernant le recrutemen [...] Lire la suite