The Ocean Race: les Imoca prêts pour un marathon autour du monde

Cinq équipages d'Imoca, les monocoques du Vendée Globe, prennent dimanche à Alicante (Espagne) le départ de The Ocean Race (ex-Volvo Ocean Race), un marathon des mers qui s'achèvera en juillet à Genève (Suisse), au terme de 7 étapes éprouvantes.

"C'est un moment historique pour la course au large car, d'un côté, nous avons la culture française du Vendée Globe et de l'autre la voile anglo-saxonne", s'est réjoui Antoine Mermod, président de la classe Imoca.

Plus longue course à la voile de la planète, The Ocean Race, née en 1973 sous le nom de Whitbread Round the World Race, a révélé ou confirmé des skippers d'exception depuis sa création comme les Néo-Zélandais Peter Blake et Grant Dalton et l'Américain Paul Cayard.

Devenue par la suite Volvo Ocean Race, elle a été rachetée en 2018 par deux Suédois, Johan Salen et Richard Brisius, et renommée The Ocean Race. Pour la première fois, ce sont les Imoca, célèbres voiliers du Vendée Globe, qui en seront les stars.

"C'est la première occasion de voir ces bateaux naviguer au maximum de leur potentiel en équipage", a déclaré Phil Lawrence, directeur de la course depuis 2016. "Cela va être intéressant parce que, même s'ils se comportent très bien en solitaire, le potentiel de performance des bateaux est énorme".

Une épopée internationale

A partir de 13h10 GMT (14h10 heure française) dimanche, ces cinq voiliers et leurs cinq marins à bord - dont au moins une femme - vont se livrer une bataille sans pitié à travers les mers les plus inhospitalières du globe.

D'Alicante, les concurrents vont se rendre au Cap Vert, puis au Cap (Afrique du Sud), Itajai (Brésil), Newport (États-Unis), Aarhus (Danemark), La Haye (Pays-Bas) avant d'achever leur périple à Genève.

Une épopée de 32.000 milles nautiques (60.000 km) qui peut tout aussi bien s'arrêter brutalement sur une casse matérielle ou après une collision avec un cétacé, un conteneur immergé ou un petit iceberg dans les mers du Grand Sud.

Avec 12.750 milles à parcourir dans les mers du Sud - un record pour la course océanique - pour près d'un mois de navigation, la 3e étape de The Ocean Race, entre Le Cap (Afrique du Sud) et Itajai (Brésil), est celle qui inquiète le plus sur les pontons d'Alicante.

La flotte est composée de Team Malizia skippée par l'Allemand Boris Herrmann, de l'équipe américaine 11th Hour Racing Team et son skipper Charlie Enright, et de trois équipes françaises - Guyot Environnement-Team Europe dirigée par Benjamin Dutreux, Biotherm barré par Paul Meilhat et Holcim-PRB skippée par Kevin Escoffier, qui a disputé la course à deux reprises.

Aventure humaine

"C'est une course qui est tellement longue et éprouvante que la clef réside beaucoup dans l'humain. On vit dans un petit espace et des conditions difficiles pendant six mois. Il faut s'entraider dans l'épreuve et surtout prendre du plaisir", a commenté Paul Meilhat.

"Je suis sûr que nous aurons de belles courses avec des bateaux rapides et aussi très impressionnants. Nous irons dans des villes qui n'ont jamais vu autant de monocoques voler et je pense qu'ils seront très heureux de nous voir faire quelques +wheelings+", a dit Kevin Escoffier.

Les cinq Imoca au départ sont équipés de foils, ces appendices latéraux qui permettent au bateau de s'élever au-dessus de l'eau et de filer à des vitesses folles. Tous les voiliers sont en mesure de l'emporter avant le coup d'envoi dimanche.

"Nous avons tous des atouts différents et avec ce bateau, il s'agira de trouver comment les utiliser au mieux et aussi de faire tenir tout le monde dans le cockpit", s'amuse Annie Lush (Guyot Environnement-Team Europe), ancienne navigatrice olympique britannique, qui participe pour la 3e fois.

Le départ de cette course, qui a habituellement lieu tous les trois ans, a été décalé à deux reprises en raison de la pandémie de Covid-19. La dernière édition, disputée en 2017/2018, a été remportée par l'équipe Dongfeng (Chine), emmenée par le skipper Français Charles Caudrelier, au terme de 126 jours de course.

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