"The Eddy" : un Américain à Paris version free jazz

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L’an dernier, on apprenait que Netflix était enfin capable de produire de bonnes séries françaises (“Marianne”, “Criminal”). Aujourd’hui, on découvre qu’elle est carrément capable d’une haute ambition artistique. Adaptant enfin dans l’Hexagone, les recettes appliquées aux États-Unis, la firme a recruté de vrais auteurs et leur a laissé carte blanche. Le résultat est une excellente surprise, poétique et déroutante, inclassable et insolente.

Les auteurs ? Côté écriture, Jack Thorne (“Skins”, “The Fades”). Côté réalisation, un quatuor inattendu dont le désassortiment donne tout son sel au projet. Chacun de ses membres a réalisé deux segments. Qu’on juge du baroque de l’attelage : les Françaises Houda Benyamina (Divines) et Leïla Marrakchi (Rock the Casbah) associées aux Américains Alan Poul (“Six feet Under”) et Damien Chazelle. Chacun a reçu pour consigne de restituer le pouls animant l’épiderme parisien en ce début de XXIe siècle. Et pas le Paname de la tour Eiffel, du Louvre et du pont Alexandre III. Celui de Belleville, confins nord-est de la capitale dans lesquels Elliot Udo (André Holland) et Farid (Tahar Rahim) ouvrent The Eddy, leur club de jazz. Pianiste désenchanté et père à mi-temps, le premier dirige le sextet maison au forceps. Constamment à la frontière de l’illégalité, le second gère le club avec une désinvolture coupable.

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