"The Bra", Cendrillon en Azerbaïdjan

Pierre-Yves Grenu

L’image est saisissante et on comprend que Veit Helmer, le réalisateur allemand, y ait trouvé l’inspiration d’un long métrage : une vieille locomotive tire ses dizaines de wagons citernes remplis de pétrole au beau milieu d’une rue. Si près des habitations qu’elle semble les toucher à chaque virage. Quelques instants plus tôt, prévenu par les vibrations des rails, un jeune lanceur d’alerte l’a précédé, signifiant à coups de sifflets aux habitants qu’il était temps de déguerpir. En une poignée de secondes, une petite ville s’est démontée, on a retiré les tables, les chaises et le linge à sécher qui occupaient les rails, les gens ont regagné leurs maisons.

Gueule fatiguée, faux-air de Serge Reggiani, Nurlan (Miki Manojlovic) emmène ses derniers trains, la retraite est toute proche. Aux commandes de son imposante motrice électrique, il connaît par cœur le trajet, toujours le même. La vallée, les montagnes, avant le cheminement final dans les ruelles de Bakou. Son existence est morne, jusqu’à cet événement qui va tout changer : d’abord, l’image furtive et volée d’une femme ôtant son soutien-gorge, puis la découverte du sous-vêtement, coincé dans la calandre de sa locomotive. Retraité, il va consacrer tout son temps à tenter de retrouver la propriétaire de l’accessoire bleu clair et orné de dentelles. Toute une série de rencontres, tendres, violentes ou (...)

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