"The Act", la série qui ausculte la maltraitance enfantine

The Act, histoire d'une famille monoparentale dysfonctionnelle

Les relations familiales sont souvent l’arc narratif le plus productif des fictions sérielles. Surtout lorsqu’elles sont dysfonctionnelles, obsessionnelles ou carrément toxiques. Et, plus encore, lorsqu’elles poussent au crime. L’année dernière, « Sharp Objects », réalisé par Jean-Marc Vallée pour HBO et adapté du roman de Gillian Flynn, Sur ma peau, auscultait en huit épisodes tendus les relations toxiques entre mère-fille. Amy Adams (Vice), stupéfiante, s’automutilait et s’abîmait dans des comportements destructeurs pour échapper à l’emprise d’une mère, atteinte du syndrôme de Münchhausen par procuration, qui la poussait à rendre littéralement malade sa progéniture pour mieux capter l’attention et la compassion d’autrui. C’est très exactement ce thème de la maltraitance enfantine ravageant les adultes en devenir qui est au cœur de la première saison de « The Act », une série d’anthologie développée par la plate-forme américaine Hulu, ambitionnant de raconter à chaque saison un crime bien réel et bien plus sordide que n’importe quelle fiction pouvant émerger dans le cerveau retors des scénaristes.

Une série spectaculairement habitée

« Based On Real Events », avertit, de fait, le pré-générique. Et les « real events » inspirant « The Act » ont réellement traumatisé les Etats-Unis, il y a tout juste cinq ans. Dans une petite zone résidentielle de la ville de Springfield dans le Missouri, une mère, Dee Dee Blanchard, et sa fille, Gipsy, lourdement handicapée, aménagent dans une maison construite et offerte par l’association Habitat For Humanity. Originaires de la Nouvelle-Orléans, elles ont tout perdu après le passage de l’ouragan Katrina. Les voisins se montrent chaleureux, exception faite de Mel, sobrement interprétée par Chloé Sévigny, qui pressent que quelque chose n’est pas aussi authentique qu’il y paraît dans cette famille monoparentale.

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