Thaïlande: un soldat commet un massacre dans un centre commercial

Dene-Hern Chen
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Des policiers et des pompiers à proximité du centre commercial Terminal 21 de la ville thaïlandaise de Nakhon Ratchasima, où s'est déroulée la tuerie, le 9 février 2020

Nakhon Ratchasima (Thaïlande) (AFP) - Un soldat thaïlandais a tué trois personnes sur une base militaire puis une vingtaine d'autres dans un centre commercial d'une ville du nord-est de la Thaïlande, dans la nuit de samedi à dimanche, et les forces de l'ordre cherchent toujours à le débusquer.

On ignore combient de clients et badauds restent dans les nombreux étages et sous-sols du complexe très populaire, où le tireur pourrait avoir trouvé refuge.

Le bilan provisoire dans le centre commercial est d'"environ 20 morts," selon le porte-parole du ministère de la Défense, Kongcheep Tantravanich.

Une offensive des forces de l'ordre à 03h00 du matin (20h00 GMT) a fait un mort parmi les policiers. "Après ce (raid), un agent est mort. Il a été touché et malheureusement, il n'a pas survécu", a dit le vice-Premier ministre, Anutin Charnvirakul, dimanche matin.

Selon un bilan provisoire, trente et une personnes ont été blessées, dont quatre grièvement, a ajouté M. Anutin.

Selon les autorités, le tueur est un jeune adjudant-chef, Jakraphanth Thomma, qui s'était livré à une première tuerie sur une base militaire avant de venir dans ce centre commercial, non sans publier des vidéos de lui sur les réseaux sociaux.

Avant l'aube, une équipe de l'AFP a entendu une fusillade aux abord du centre Terminal 21 de la ville de Nakhon Ratchasima, encerclé par la police et l'armée. Plus tôt dans la soirée, des photos et vidéos sur les réseaux sociaux montraient des scènes de panique, des personnes en train de fuir et ce qui ressemble à des rafales d'arme automatique.

Dans la nuit, des dizaines de clients terrifiés ont pu être évacués de ce centre très populaire, dont la police a déclaré avoir "pris le contrôle" du rez-de-chaussée, sans toutefois pouvoir donner de précision sur l'endroit où pouvait se trouver l'assaillant.

"C'était comme dans un rêve... Je suis heureuse d'être en vie" a déclaré à l'AFP Sottiyanee Unchalee, 48 ans, précisant qu'elle s'était cachée dans les toilettes en entendant les coups de feu.

"Je suis si désolée pour ceux qui sont morts et ceux qui sont encore coincés à l'intérieur", a-t-elle ajouté.

- "Dois-je me rendre?" -

Les policiers qui encerclaient le centre demandaient aux personnes quittant les lieux de sortir "en levant les bras" et de s'identifier, pour empêcher le tireur de fuir en se fondant dans la foule. "Les autorités vous évacueront", assuraient les forces de l'ordre.

"Il y a avait beaucoup de monde dans le centre commercial aujourd'hui", a déclaré à l'AFP un habitué âgé de 32 ans, qui se trouvait sur les lieux avant l'attaque. "Quand j'ai appris ce qui s'était passé, j'étais sous le choc, j'avais quitté l'endroit peu de temps avant".

"La police, les commandos de l'armée et des tireurs d'élite encerclent" le bâtiment, a-t-il ajouté.

Les motivations du tueur restent inconnues. Mais il a posté des vidéos et photos de lui, ainsi que plusieurs messages sur sa page Facebook, comme "Dois-je me rendre?", ou encore: "Personne ne peut échapper à la mort".

Dans une vidéo, qui a été supprimée depuis, Jakrapanth Thomma, portant un casque de l'armée, filmait depuis sa Jeep en disant: "Je suis fatigué (...) Je ne peux plus appuyer mon doigt", mimant la forme d'une gâchette avec sa main.

Des photos d'un homme portant un masque de ski et brandissant un pistolet ont également été postées.

Une porte-parole de Facebook a déclaré à l'AFP que le réseau social avait "fermé le compte du tireur et allait travailler nuit et jour pour retirer tout contenu illégal en rapport avec cette attaque dès que nous en aurons connaissance".

- Tuerie sur une base militaire -

La tuerie a commencé samedi en fin d'après-midi à Nakhon Ratchasima, ville également appelée Korat, sur une base militaire, a indiqué la police.

Trois personnes y ont été tuées, dont au moins un soldat, lorsque l'adjudant-chef Jakrapanth Thomma a ouvert le feu, d'abord au domicile d'un officier supérieur, puis dans la caserne.

"Il a volé un véhicule militaire et s'est rendu dans le centre-ville", selon le lieutenant-colonel Mongkol Kuptasiri.

Là, il s'est introduit dans le centre commercial et a ouvert le feu au hasard sur les clients avec des armes dérobées dans l'arsenal de la base, provoquant un carnage. "Le tireur armé d'une mitrailleuse s'en est pris à des victimes innocentes" a déclaré le porte-parole.

Les hôpitaux, dans lesquels des volontaires ont commencé à affluer pour donner leur sang, se préparaient à accueillir d'autres victimes, si nécessaire.

La Thaïlande est l'un des pays les plus armés au monde. Plusieurs fusillades dans des tribunaux à la fin de l'année dernière avaient provoqué l'inquiétude à propos du grand nombre d'armes en circulation dans le pays d'Asie du Sud-Est.

Une autre affaire a eu un grand retentissement en Thaïlande le mois dernier, lorsqu'un braqueur masqué avait dévalisé une bijouterie, tuant trois personnes dont un garçon de deux ans.